David Villa, de l'ombre à la lumière

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Mondial 2010David Villa, de l'ombre à la lumière

A 28 ans, David Villa amorce peut-être un tournant décisif dans sa carrière.

Lumineux sous le maillot de l'équipe d'Espagne, dont il est le deuxième meilleur buteur de l'histoire, l'Asturien a pourtant vécu ces dernières années dans l'ombre de ses coéquipiers évoluant dans des formations plus huppées que Valence, qu'il a quitté au terme de la saison.

Car, au Mestalla, Villa a eu bien peu d'occasions de s'illustrer dans des compétitions à forte visibilité comme la Ligue des champions. Maintenant qu'il a signé à Bercelone pour 57 millions de francs, le meilleur buteur de l'Euro 2008 (4 réalisations) va entrer dans une nouvelle dimension. En ce sens, une Coupe du monde réussie lancerait parfaitement cette deuxième «vie».

Les statistiques internationales de Villa sont impressionnantes. Avec 38 buts en 56 sélections - 23 en 72 pour Fernando Torres -, il talonne désormais Raul et ses 44 réussites pour la Roja. Depuis qu'il est devenu professionnel en 2000, il n'a du reste jamais connu une saison de Liga en club avec moins de 15 réalisations.

Héritage minier

Si Villa a longtemps résisté aux appels des plus grandes formations du monde, c'est avant tout par loyauté envers Valence. L'Asturien est un homme de parole, un homme aux valeurs puisées dans une enfance passée à Tuilla, un petit village peuplé essentiellement de mineurs comme son père, Juan, qui a plongé pendant plusieurs décennies à 900 mètres de profondeur, dans les puits à charbon de la Mosquitera jusqu'à leur fermeture en 1985.

Son surnom, El Guaje, est d'ailleurs un héritage de cette culture minière, puisque ce terme désignait les enfants qui portaient les gourdes d'eau aux mineurs et poussaient les wagonnets. Nourri par cette vie à la dure, Villa doit son salut à son talent. «J'ai travaillé toute ma vie dans les mines, expliquait son père, et je croyais que mon fils connaîtrait un destin semblable. Et puis, il y a eu le football...»

Marqué par ses origines modestes, David Villa l'est aussi par l'histoire de sa famille. Son arrière grand-père était appelé Trotski en raison de ses idées révolutionnaires. Il a d'ailleurs donné des prénoms fortement connotés à sa progéniture: Libertad (devenue Carmen sous Franco), Lénine, Staline et Trotski.

Sens du but inné

Jugé trop chétif - il affiche 1m75 pour 69 kg - par le club phare des Asturies Oviedo, El Guaje signe au Sporting Gijon en 2000. En 2003, il est transféré à Saragosse pour 3 millions d'euros, avant de prendre la direction, en 2005, de Valence pour un montant de 12 millions d'euros. A chaque fois, son instinct de buteur fait merveille, comme lors de sa première saison valencienne où, avec 25 buts, il a fait mieux que le record du Matador argentin Mario Kempes, auteur de 24 réalisation lors de l'exercice 1976/77, sa première au Mestalla.

«C'est inné chez moi. El gol, tu l'as ou tu ne l'as pas. Moi je suis né avec. La concentration, la technique, tout le reste, ça se travaille. Mais pas le mental pour marquer», racontait-il au quotidien «L'Equipe» en début d'année. Une aubaine pour les 850 habitants de Tuilla, lesquels n'oublient jamais de fêter un but de leur Guaje en chantant «Villa, Villa, maravilla !» et en faisant sauter quelques bâtons de dynamite, vestiges des mines de l'époque. Reste à savoir si les Asturies seront à nouveau secouées par des déflagrations au soir du 16 juin, après le match Suisse - Espagne. (ap)

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