Danaher veut racheter Nobel Biocare

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Le fabricant d'implants dentaires suédois, dont le siège est à Zurich, fait l'objet d'une offre d'achat de la part de l'entreprise américaine.

Nobel Biocare fait l'objet d'une offre publique d'achat (OPA).

Nobel Biocare fait l'objet d'une offre publique d'achat (OPA).

Nobel Biocare passe en mains américaines. Danaher Corporation compte engloutir le fabricant d'implants dentaires d'origine suédoise, mais ayant son siège à Zurich, moyennant quelque 2 milliards de francs.

L'information ne constitue pas une surprise. Nobel Biocare avait confirmé fin juillet avoir été contacté par des repreneurs potentiels, sans dévoiler le nom de ceux-ci toutefois.

Malgré ce rachat, le groupe continuera à opérer en tant que société indépendante, conservant sa marque propre et son identité. Ses sites de production et son siège en Suisse seront maintenus. Danaher Corporation s'y engage, selon l'accord dévoilé lundi.

Le conglomérat industriel sis à Washington, qui a généré l'an passé un chiffre d'affaires de 19,1 milliards de dollars (17,8 milliards de francs) avec quelque 66'000 collaborateurs, n'est pas un inconnu sur le territoire helvétique. Il avait déjà acquis, en 2005, le secteur capteurs de mesure de paramètres électriques du fabricant et distributeur genevois LEM, ainsi que le groupe allemand Leica Microsystems.

Cinq ans plus tôt, il avait racheté le fabricant de micromoteurs chaux-de-fonnier Portescap, décidant quelques années plus tard de délocaliser en Inde et en Malaisie les activités de production du site neuchâtelois. La mesure avait entraîné la suppression de 290 emplois sur 390 dans la métropole horlogère.

«Partenaire idéal»

Autant pour les employés que les clients et les actionnaires, Nobel Biocare se félicite, du reste, de ce rapprochement, percevant Danaher comme un «partenaire stratégique idéal» en vue de son développement.

Par cette opération, le géant américain entend devenir le numéro un mondial des implants dentaires avec des ventes de près de 3 milliards de dollars (2,8 milliards de francs), alors que ce marché est estimé à 3,5 milliards avec des opportunités de croissance à long terme eu égard au vieillissement de la population et des parts à conquérir dans les pays émergents.

La firme entend ainsi investir davantage dans les technologies dentaires. En sus de ce secteur, elle est également active dans les tests et mesures, les technologies industrielles, les sciences de la vie et les diagnostics, ainsi que dans l'environnement.

Plongeon du titre

Détaillant son offre, Danaher Corporation propose 17,10 francs en numéraire par action Nobel Biocare, soit une prime de quelque 23% par rapport au cours de clôture du 28 juillet, date des premières rumeurs de fusion, mais de 7% seulement au regard du cours moyen des 60 derniers jours.

A la Bourse suisse, le titre de sa cible s'alignait sur le prix de l'offre. Il a clôturé sur une baisse de 5,8% à 17,05 francs, reflétant la déception des investisseurs et des observateurs.

Selon Chi Tran-Brändli de J. Safra Sarasin, l'offre n'est pas attrayante. Le prix proposé est au bas de la fourchette espérée, note l'analyste.

L'offre «reconnaît la valeur stratégique de Nobel Biocare», juge au contraire le conseil d'administration qui recommande aux actionnaires de l'approuver. La transaction devrait débuter le 16 octobre pour s'achever à la fin de l'année ou au début de l'an prochain, espère la société états-unienne.

Récentes fusions dans la branche

Il s'agit d'une opération de fusions-acquisitions de plus dans le secteur des appareils médicaux cette année. Le fabricant américain Medtronic, qui emploie 1200 collaborateurs en Suisse, s'est emparé en juin de son concurrent Covidien pour 42,9 milliards de dollars. Tandis que le spécialiste des prothèses médicales Zimmer Holdings a avalé Biomet au prix de plus de 13 milliards de dollars en avril.

Il faut dire que la crise n'a pas épargné les fabricants d'implants de haut de gamme. Les consommateurs, en particulier dans les pays du sud de l'Europe, ont renoncé à des soins dentaires onéreux qui sont peu, voire pas remboursés par les organismes de sécurité sociale ou les assurances.

Au deuxième trimestre 2014, Nobel Biocare a vu ses revenus diminuer de 2,4% à 144,3 millions d'euros. Le groupe a, en revanche, dégagé un bénéfice net de 15,9 millions d'euros (19,3 millions de francs), contre 8 millions un an plus tôt, grâce à une vaste restructuration. (ats)

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