Et si la méchanceté était contagieuse?

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RTS UnEt si la méchanceté était contagieuse?

Pour «Specimen», Samuel Bendahan a imaginé une expérience visant à décrypter les mécanismes de la cruauté humaine.

Julienne Farine
par
Julienne Farine

Découvrez l'expérience imaginée par le chercheur.

Qui ne s'est jamais demandé si la personne en train de retirer de l'argent au distributeur automatique devant lui ne ¬faisait pas exprès d'être lente, juste pour énerver ceux qui attendent?

A cette question, l'économiste du comportement Samuel Bendahan a décidé de trouver une réponse. Il a alors mis au point, pour l'émission «Specimen» consacrée à la méchanceté, une expérience plutôt originale afin de déterminer si les gens avaient tendance à reporter sur les autres le mal qu'ils avaient subi.

«Intuitivement, je pensais que c'était le cas. L'expérience me l'a prouvé et a démontré qu'il est plus facile de se comporter méchamment et égoïstement si on pouvait le justifier par la «souffrance» endurée», explique le chercheur.

Le principe du test est simple: prenez un cobaye et faites-le attendre de longues minutes assis sur une chaise dans un couloir, sans smartphone, ni aucune autre distraction possible, alors que défilent sur un écran les minutes qu'il lui reste à patienter avant de pouvoir pénétrer dans une pièce. En y entrant, il découvre que le temps qu'il a attendu a été déterminé par le cobaye précédent et qu'il peut faire de même avec le suivant.

Résultat: plus la personne a attendu longtemps, plus elle est susceptible de faire attendre le suivant. Il se produit donc bien un phénomène de contagion.

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