Support numériqueSur son écran, le roman érotique ne se cache plus
Les romans érotiques se lisent désormais en public en toute discrétion, grâce aux livres numériques qui ont permis de doper leurs ventes.

Le livre numérique permet de lire en toute discrétion: idéal pour les lectures coquines! (photo: dr)
«On peut être au square à surveiller ses enfants, avec les voisines tout autour, et être en train de lire un roman parfaitement libidineux. Personne ne le sait!», s'amuse Brenda Knight, éditrice chez Cleis Press, dont 70% des ventes d'«erotica» se font en numérique.
Résultat: le genre fait aujourd'hui un tabac. En témoigne le succès de «50 Shades», une trilogie érotique signée de la Britannique E. L. James qui se place, depuis plus de deux mois, dans la liste du New York Times des dix livres numériques les plus vendus.
Le Romance Writer of America (RWA), qui compile les chiffres du «livre d'amour» (romance) sans détailler les genres et leurs différents niveaux de sensualité, de «tendre» à «très chaud», évoque un marché de 1,4 milliard de dollars en 2011. 8240 titres ont été publiés dans cette catégorie en 2010, soit 13% du total des livres.
Un titre sur trois est acheté en format numérique, soit la plus forte proportion comparée à d'autres genres, précise RWA.
Pour Tina Haveman, fondatrice d'eXtasy Books, «la hausse des ventes a commencé ces dernières années, grâce aux nouvelles liseuses. Il y a de plus en plus d'appareils sur le marché, on peut même lire sur son téléphone maintenant».
Les «livres numériques sont moins chers que les livres-papier, plus faciles à acheter grâce à internet et on peut les lire sans avoir à se cacher des regards indiscrets», dit-elle.
«C'est un genre de livres dont on se moque en général», rappelle Sarah Wendell, qui a créé un site de lectrices, Smart Bitches and Trashy Books: «beaucoup de lectrices rapportent les commentaires fielleux des libraires à la caisse».
Le livre numérique «est à la fois vite accessible, on peut l'acheter dès qu'on en entend parler, et personne ne fera de commentaires dessus», dit-elle. «Nous n'avons pas honte, on veut qu'on nous fiche la paix !», dit la jeune femme selon laquelle ces livres «sont surtout lus par des femmes, parce qu'ils donnent une image positive de leur sexualité». (afp)