Le «bomeur», ce chômeur branché qui assume

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JobLe «bomeur», ce chômeur branché qui assume

Les bobos sans emploi cultivent l'art de ne rien faire. Le point sur cette nouvelle tribu phénomène qui a vu le jour à Paris.

Muriel Risse
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Muriel Risse
Le chômage touche de plus en plus de jeunes. En Espagne, les 15-24 ans sont 52,9% à ne pas avoir d'emploi.

Le chômage touche de plus en plus de jeunes. En Espagne, les 15-24 ans sont 52,9% à ne pas avoir d'emploi.

Plutôt que de s'apitoyer sur son sort, le «bomeur» se la pète et nargue ceux qui travaillent. Ce néologisme, contraction des mots «bobo» et «chômeur», a été inventé par Nathanaël Rouas. Après avoir été directeur de création durant plusieurs années, le jeune Français se retrouve sans-emploi. En avril 2012, il se lance alors dans une analyse «plus ou moins sociobranlodémographique» portant sur les «bomeurs» en créant un site internet. Il y raconte les apéros pris à toute heure (mais pas avant 11 h, le «bomeur» se levant très tard) ou les après-midis à glander devant les rediffs de «Desperate Housewives».

Cette nouvelle tribu se compose de trentenaires souvent célibataires qui ont eu un job «branché» et qui ont décidé de faire du sans-emploi un art de vivre. Loin d'être fauchés, ils partent en voyage et sillonnent les festivals. Leur pouvoir d'achat est tel que, à l'instar de la marque Benetton, les publicitaires ont jeté leur dévolu sur eux. Souvent, ils assurent à leurs proches qu'ils s'apprêtent à se lancer en freelance ou sont sur des projets «ultra-confidentiels-tu-comprends-je-ne-peux-pas-en-parler». La vérité? «Une addiction à Facebook, au Ricard, au rafraîchissement de sa boîte mail et aux textos "Tu fais quoi?"», résume Nathanaël Rouas.

Critiques anti-bomeurs

Cette façon décomplexée d'aborder l'inactivité, un passage souvent difficile à gérer dans une vie professionnelle, énerve certains. «Si l'on se réjouit que le snobisme hipster soit associé au chômage, preuve qu'il ne rime plus avec opprobre sociale, on est un poil irrité par la démarche qui semble désinvolte et déconnectée de la réalité», note le magazine «Glamour». La vie quotidienne de la grande majorité des jeunes demandeurs d'emploi est, en effet, bien loin de celle, insouciante et dorée, que met en scène le Parisien branché.

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