Livres ou e-books? «C'est un faux débat!»

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Salon du livreLivres ou e-books? «C'est un faux débat!»

Parmi les nouveautés du Salon du livre, le Laboratoire des nouvelles lectures. Vont-elles pousser le papier vers la sortie? La parole aux experts.

Caroline Goldschmid
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Caroline Goldschmid
Selon les spécialistes, le livre est loin d'être condamné, qu'il soit de papier ou électronique. A chacun de s'adapter à son support de prédilection.

Selon les spécialistes, le livre est loin d'être condamné, qu'il soit de papier ou électronique. A chacun de s'adapter à son support de prédilection.

Alors que la lecture numérique existe depuis quelques années, le Salon du livre de Genève, qui ouvre aujourd'hui, aborde cette thématique pour la première fois. «Notre rôle n'est pas de prendre position sur les nouveaux formats de lecture, mais d'élargir les possibilités, recevoir les idées et informer, explique Adeline Beaux, directrice du salon. C'est pourquoi nous avons mis sur pied un Laboratoire des nouvelles lectures.»

D'aucuns se demandent justement si ces dernières ne se feront bientôt que sur écran. L'arrivée sur le marché de la liseuse (support qui permet de lire les textes sous format électronique) et des tablettes telles que l'iPad va-t-elle engendrer une diminution progressive, voire la disparition du livre papier? «Ce n'est ni pour demain ni pour tous les genres de livres, estime Pascal Vandenberghe, directeur général de Payot. Le marché des livres électroniques n'en est qu'à ses balbutiements et l'offre reste encore relativement modeste». Pour preuve, la chaîne suisse ne réalise même pas 1% des ventes avec ce format. «Il n'y aura pas, à moyen terme, de baisse des ventes de livres papier au profit du numérique», conclut le libraire.

Pour Frédéric Kaplan, expert du Laboratoire des nouvelles lectures, c'est un faux débat. «Il ne s'agit pas simplement d'opposer le papier au digital. Les deux utilisations peuvent cohabiter, chacune à son tour, en fonction du contexte.

Jusqu'ici solitaire, la lecture a la possibilité de devenir communautaire. Ce qui est sûr, c'est que la lecture sur écran existe et qu'elle est déjà en train d'entrer dans nos habitudes.» Reste la question: tablette ou liseuse? Faites votre choix.

Tablette ou liseuse?

La lecture digitale se fait soit sur liseuse (ou e-book), soit sur tablette. Les gros lecteurs de romans se contenteront de la première, conçue spécifiquement pour le téléchargement et la lecture en noir et blanc des fichiers. Son prix: environ 200 fr. Les technophiles à la recherche d'intéractivité choisiront la tablette (de l'iPad au Galaxy Tab). L'affichage est en couleur et les capacités graphiques sont nettement supérieures, ce qui rend la tablette plus chère: environ 400 fr.

Un creuset d'idées

C'est une démarche novatrice, en deux temps, qu'a instaurée le Salon du livre avec son Laboratoire des nouvelles lectures. Un concours a permis aux internautes de déposer idées et prototypes de lecture sur support digital via www.lectureslab.ch, jusqu'au 15 avril. Le vainqueur sera connu demain; il recevra un chèque de 5000 fr. La deuxième étape du laboratoire se tiendra demain, avec quatre sessions de conférences-débats, dès 10 h 15 (entrée libre), où les acteurs de la plate-forme, auteurs et orateurs débattront des nouveaux formats de lecture. Enfin, un atelier de formation sur les techniques de production digitale attend les professionnels de l'édition le 2 mai.

Programme et infos

Le Salon du livre et de la presse se tient du 29 avril au 3 mai dans les Halles 4 et 5 de Palexpo Genève. L’entrée est gratuite vendredi. Les autres jours, le prix est de 12 fr pour les adultes et 5 fr pour les enfants dès 6 ans. De 9h 30 à 19 h. Lundi, ouvert jusqu’à 21h30. Parmi les événements importants de cette 25e édition, dont l’hôte d’honneur est l’Arménie, une grande exposition sur l’Art de la Franc-maçonnerie, le 8e Salon africain, le Salon de l’étudiant et de la formation.

La bibliothèque version iPad

Depuis l’arrivée de l’iPad 2, les applications liées à la lecture se sont étoffées. C’est que, plus fin, le modèle se glisse partout. Ou presque. De fait, il est facile d’emporter ses journaux et magazines préférés sans risquer une lombalgie. C’est en effet dans le domaine des médias que l’iPad vaut vraiment la peine. Chaque titre rivalise d’ingéniosité pour proposer une interactivité tant utile que ludique. On apprécie par exemple une application comme «Le Kiosque», qui permet une vue d’ensemble des journaux français et d’acheter le sien sans quitter son salon. Outre les médias, les guides de voyage, bandes dessinées et livres sont légion, mais ont encore le défaut de s’adresser majoritairement aux anglophones. Dans la fameuse bibliothèque iBooks, il fréquent de voir des classiques de la littérature française disponible uniquement en anglais. Encore un effort, et l’iPad sera vraiment élevé au rang d’indispensable. (sbi)

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