Chant de Noël«Douce nuit» berce Noël depuis 190 ans
Hymne de Noël par excellence, «Douce nuit, sainte nuit» n'a pas pris une ride depuis sa création en Autriche en 1818.
Ce chant réussit comme nul autre à exprimer la magie attendrissante de la Nativité.
Traduit en près de 300 langues et dialectes, «Douce nuit» devrait son existence à un incident survenu à Oberndorf, village autrichien proche de Salzbourg. Deux jours avant Noël, le vieil orgue de la petite église Saint-Nicolas tombe en panne.
Les uns racontent que des souris ont rongé les soufflets de l'orgue. D'autres accusent la rouille qui aurait mis à mal les tuyaux de l'instrument.
Pour sauver sa messe de minuit et ne pas décevoir les habitants, le prêtre Joseph Mohr transmet un de ses poèmes à l'instituteur et organiste Franz Xaver Gruber. Il lui demande de composer une mélodie pour guitare sur ce texte dont les premiers mots sont «Stille Nacht, Heilige Nacht» (Douce nuit, sainte nuit).
Noël tyrolien
L'oeuvre est créée le 24 décembre 1818. Durant quelques années, la berceuse reste interprétée uniquement dans cette région autrichienne. En 1825, un facteur d'orgues transmet une copie de la partition à une famille de chanteurs tyroliens qui l'interprète lors de ses concerts.
Un éditeur s'intéresse à cet hymne après l'avoir entendu à Leipzig en 1832. En le publiant, il le présente comme «un véritable chant de Noël tyrolien». La partition traverse ensuite les frontières. Elle est interprétée pour la première fois à New York à Noël 1839.
Des spéculations
Alors que «Douce nuit» entame sa marche triomphale, les deux auteurs restent dans l'ombre. Un temps, leur composition est même attribuée à Joseph Haydn. Lorsqu'en 1875 la trace des véritables créateurs est retrouvée, tous deux sont déjà morts.
L'authenticité du manuscrit de «Stille Nacht» a suscité quelques spéculations. Il a été affirmé par exemple que cet hymne serait l'adaptation d'un air populaire.
Noël sanglant
Quoi qu'il en soit, le chant reste l'emballage cadeau des Fêtes. Une grande partie de l'humanité le connaît.
Pour la petite histoire, il est aussi à l'origine d'un fait divers. En 1996, une Néerlandaise n'en pouvait plus d'entendre son mari le fredonner durant des heures. Elle l'a poignardé et blessé.
La version française
La version allemande
(ats)