Khaled Bahah nommé vice-président en exil

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YémenKhaled Bahah nommé vice-président en exil

Le Premier ministre yéménite Khaled Bahah a prêté serment lundi comme vice-président après avoir été contraint à l'exil en Arabie saoudite.

M. Bahah, 49 ans, a prêté serment devant le président Abd Rabbo Mansour Hadi, également réfugié en Arabie saoudite, a annoncé l'agence officielle saoudienne SPA. La cérémonie a eu lieu à l'ambassade du Yémen à Ryad en présence de ministres et de responsables politiques yéménites.

La promotion de M. Bahah, perçu comme un homme de consensus et qui cumulera les postes de Premier ministre et de vice-président, a été «saluée» par le gouvernement saoudien et par le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Celui-ci regroupe les six monarchies arabes de la région.

Rétablir la sécurité

«C'est un pas important pour rétablir la sécurité et la stabilité au Yémen», a estimé le Conseil des ministres saoudien. Le CCG avait plus tôt publié une déclaration aux termes quasi-identiques.

Le 26 mars, l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition militaire arabe pour venir en aide aux autorités légitimes du Yémen. Ces dernières étaient menacées par les avancées de rebelles chiites houthis, soutenus par l'Iran.

MM. Hadi et Bahah avaient été assignés à résidence en janvier par les Houthis et leurs alliés. Les rebelles s'étaient emparés de la capitale Sanaa quatre mois plus tôt, avant d'étendre progressivement leur contrôle sur de vastes régions du pays.

M. Hadi avait réussi à fuir vers Aden (sud) en février et M. Bahah avait négocié sa libération en mars. Alors que les événements se précipitaient fin mars, les deux hommes étaient partis séparément à l'étranger. Ils se retrouvent aujourd'hui exilés à Ryad.

Téhéran veut gouvernement

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s'est prononcé dans ce contexte pour la formation d'un nouveau gouvernement au Yémen. Il a laissé entendre que l'Iran pourrait jouer un rôle dans la transition politique.

En évoquant cette piste pour résoudre la crise au Yémen, le chef de la diplomatie iranienne s'inscrit en faux contre Ryad. Le conflit au Yémen est considéré comme le dernier théâtre en date de l'affrontement par procuration qui oppose les deux principales puissances du Moyen-Orient, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite.

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s'est lui engagé à «intensifier» ses efforts diplomatiques pour régler la crise au Yémen. Cette déclaration intervient après des commentaires au vitriol de certains médias et de responsables arabes sur son refus de participer à la coalition dirigée par son allié saoudien.

Situation intenable à Aden

Sur le terrain, la situation devient intenable à Aden, la grande ville du sud du pays, où raids aériens et combats de rue ne faiblissent pas.

Au moins 30 personnes, dont treize civils, onze Houthis et six combattants pro-Hadi, ont péri dans ces affrontements, selon des sources médicale et militaire. Les frappes de la coalition arabe ont notamment visé des barrages et des positions rebelles aux entrées de la cité portuaire.

Exode massif

Selon un militant pro-Hadi, Metaz al-Maisouri, qui réside à Aden, il y a eu ces dernières semaines un «exode massif» de familles. «Les écoles, les universités et des entreprises publiques et privées ont fermé», a-t-il dit.

La population manque de tout, en premier lieu de nourriture, selon des organisations humanitaires. En outre, a expliqué Adwaa Mubarak, une femme de 48 ans, «nous ne pouvons pas quitter notre domicile en raison des francs-tireurs houthis».

Dans ce contexte, le personnel de Médecins sans frontières (MSF) connaît des difficultés pour se déplacer et accéder aux habitants ayant besoin d'assistance médicale, a indiqué Marie-Elisabeth Ingres, l'une de ses responsables.

La crise est identique à Sanaa, selon la porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge Marie-Claire Feghali, présente dans la capitale yéménite. «Il y a une pénurie d'eau et de nourriture, et les gens sont incapables de se déplacer». (ats)

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