Uber l'interdite esquiverait les contrôles

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GenèveUber l'interdite esquiverait les contrôles

Malgré la création d'une brigade taxi, la police genevoise aurait de la peine à repérer les véhicules utilisant l'application.

Julien Culet
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Julien Culet
Malgré l'interdiction prononcée, il est toujours possible de prendre un taxi Uber à Genève.

Malgré l'interdiction prononcée, il est toujours possible de prendre un taxi Uber à Genève.

Fin mars, l'État genevois a ordonné à Uber de cesser ses activités au bout du lac. Ses chauffeurs continuent pourtant d'y transporter des clients. Accusées de ne pas agir, les autorités ont passé la vitesse supérieure le 1er avril, en détachant six policiers pour s'occuper des taxis. Des contrôles sont ainsi menés au moins trois fois par semaine. Identifier les véhicules Uber fait partie de leur mission, entre autres infractions liées au transport de personnes.

Mais le géant californien leur mettrait des bâtons dans les roues en détectant les comportements suspects sur son application. «Nos agents sont bannis du système dès qu'ils sont repérés. Ils ne peuvent ensuite plus s'inscrire», indique Patrick Baud-Lavigne, directeur de cabinet du conseiller d'État. Et, même quand ils peuvent se connecter, il leur est difficile de suivre les véhicules à la trace. «Lors d'un contrôle à la rue de la Corraterie, j'ai pu constater que l'application indiquait qu'une voiture Uber passait devant nous alors que la rue était vide», poursuit-il.

Volonté de se soustraire aux agents ou géolocalisation approximative? Uber choisit la deuxième option. «Des bugs avec la technologie GPS sont possibles», selon Thomas Meister, porte-parole de la société. Il garantit que l'entreprise «n'a rien à cacher. Nous sommes contrôlés partout en Europe. Je n'ai jamais entendu parler de difficulté à trouver un de nos conducteurs.» Il nie toute éviction des agents: «C'est difficile à croire que sur des milliers d'utilisateurs, nous en ciblions quelques uns en particulier.»

Reste que l'État peut compter sur l'aide des taxis publics. «Nous recevons chaque jour de nombreuses photos de plaques de chauffeurs suspectés d'utiliser Uber», ajoute Patrick Baud-Lavigne.

Une sanction dérisoire pour le géant?

Que risque Uber en bravant l'interdiction? L'État indique pouvoir déposer une plainte pour insoumission à une décision de l'autorité. «Selon le code pénal, l'entreprise contrevenante encourt au maximum 10000 fr. d'amende par infraction constatée», explique l'avocat genevois Me Bernard Nuzzo. A son arrivée à Genève en septembre 2013, la société valorisée à environ 40 milliards de fr. s'était déjà déclarée prête à payer pour ses chauffeurs des amendes allant jusqu'à 100000 fr.

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