GenèveVidange du Rhône: le massacre n'a pas eu lieu
Le procédé utilisé l'an dernier pour purger le fleuve a été moins mortel pour la faune que celui de 2012.

Plus violente et plus longue quen 2016, la vidange de 2012 avait eu un gros impact sur la faune.
KeystoneL'hécatombe ne s'est pas répétée: l'année passée, la purge du Rhône n'a pas fait de dizaines de milliers de morts chez les poissons, comme quatre ans auparavant. C'est ce qui ressort du bilan intermédiaire du suivi piscicole de la vidange de 2016, présenté en février aux autorités et aux associations de pêcheurs.
Contrairement à 2012 où il était complet, l'abaissement du Rhône était cette fois partiel: «Il paraît évident que cette méthode est moins néfaste, indique le docteur Franck Cattanéo, co-auteur de l'étude et professeur à la HES-SO Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève (Hepia). Dans la retenue, en amont du barrage de Verbois, les principales espèces ont survécu.»
Assez d'eau dans la retenue
Alors qu'en 2012, le peuplement piscicole en amont avait été divisée par quatre après l'opération, là aucune différence n'a été notée: «Il y avait assez d'eau pour que les poissons survivent», note le scientifique, qui précise disposer d'une estimation et non de chiffres à l'unité. En aval, «les poissons se sont déplacés, mais il y a eu très peu de mortalité en comparaison avec l'opération précédente, relève-t-il. On peut dire que c'est une amélioration sensible de la méthode d'abaissement.»
Le rapport final du suivi piscicole sera présenté en mai. De leur côté, les pêcheurs genevois ont un sentiment mitigé, explique Maxime Prevedello, président de la Commission de la pêche: «On peut faire mieux, mais évidemment il y a une limite à l'exercice, dit-il. Il vaut mieux un abaissement maîtrisé qu'une vidange catastrophique.»
Traqués au moyen d'un émetteur
Quatre espèces de poissons (barbeau, chevesne, gardon, truite) ont été suivies lors de la vidange 2016. Les individus peuvent être marqués à l'aide d'un émetteur de deux manières: soit sur le muscle dorsal, soit à l'intérieur de l'abdomen via une incision. Dans les deux cas, les poissons doivent être anesthésiés. Pour ce faire, ceux-ci sont capturés dans les passes qui équipent les barrages, puis placés dans un bac contenant un anesthésiant. Là, ils sont équipés de leur puce. Celle-ci permet un suivi qui peut aller de 160 à plus de 400 jours.