Carouge (GE)Découverte archéologique «stupéfiante»
Les vestiges archéologiques découverts récemment sur un chantier carougeois et que nous vous révélions datent du 1er siècle et du Moyen Age.
Le 15 mai dernier, nous vous révélions cette découverte archéologique sur un chantier de Carouge sans pouvoir préciser la date de ces vestiges.
La construction d'un immeuble de logements a permis tout d'abord de mettre à jour une cinquantaine de blocs de calcaire sculptés pesant près d'une tonne chacun. Ils étaient enfouis à 3 mètres de profondeur, près de l'Arve. Ces blocs pourraient provenir d'un monument funéraire antique édifié à la mémoire du centurion romain Marcus Carantius Macrinus.
Ces blocs auraient été utilisés au XIXe siècle pour stabiliser les berges de l'Arve. Ils auraient été déterrés en 1805 non loin de la rivière en compagnie d'autres blocs comprenant cette fois des inscriptions. Ces vieilles pierres sont aujourd'hui exposées dans la mairie de Carouge et au Musée d'art et d'histoire de Genève. L'archéologue cantonal Jean Terrier parle de «découverte stupéfiante».
Les travaux de construction de l'immeuble de logements ont aussi conduit à la découverte, le 30 avril dernier, de madriers de chêne datant du début du XIIe siècle. Les pieux, qui se trouvaient à 4,5 mètres de profondeur, étaient assemblés verticalement et horizontalement.
Vestiges d'un pont
La dendrochronologie et des analyses au carbone 14 ont permis de dater la structure. Celle-ci a dû être réalisée vers 1115. Son emplacement laisse à penser qu'il s'agissait d'éléments d'un pont qui permettait de traverser l'Arve. La présence d'une léproserie à proximité, mentionnée en 1243, accréditerait cette hypothèse.
Le processus de dégagement des vestiges arrive à son terme. La Ville de Carouge cherche un lieu pour le stockage des pièces afin de les étudier et de les présenter au public. Le chantier pourra reprendre une fois les antiquités entièrement dégagées et le problème de la nappe phréatique résolu, ont noté les autorités. (ats)