Stauffer échoue et attaque le président du Parlement

Actualisé

GenèveStauffer échoue et attaque le président du Parlement

Le tribun du MCG n'a pas été élu jeudi soir à la vice-présidence du Grand Conseil genevois. Il annonce un dépôt de plainte.

Julien Culet
par
Julien Culet

Assis au milieu des siens, le député MCG Eric Stauffer a attendu le verdict pensif, comme résigné. Selon la tradition, son poste de 2e vice-président du Grand Conseil le destinait à devenir jeudi soir 1er vice-président pour une année. Puis à accéder au perchoir en 2016. Tout s'est effondré avec la candidature du PDC Jean-Marc Guinchard. Soutenu par la gauche et une partie du PLR, ce spécialiste des questions de santé s'est imposé avec 54 voix contre 44 pour le président d'honneur du MCG.

Ce dernier paie notamment l'incident du 10 octobre 2014. La police avait été appelée par le président pour le faire expulser du Parlement. «C'est un signe important des députés de ne pas élire quelqu'un qui a fait une esclandre pour qu'une loi ne soit pas votée», réagit Bertrand Buchs, président du groupe PDC. Les démocrates-chrétiens ont pu compter sur le soutien des socialistes, pour qui «un autre candidat MCG aurait été acceptable», selon le député Roger Deneys.

Après sa défaite, Eric Stauffer a mis en cause le libéral-radical Antoine Barde, élu président du Grand Conseil jeudi. «Le vote de ce soir aurait été différent si la Ville d'Onex, que j'administre, avait commandé davantage de mazout auprès de sa société», a lancé le tribun du MCG. Il entend déposer plainte aujourd'hui «pour tentative de contrainte ou de corruption. Mon avocat trouvera les mots justes». Serge Hiltpold, chef de groupe PLR, «laisse la justice instruire ou non le cas. Mais, connaissant son intégrité, je peine à imaginer qu'Antoine Barde ait fait quelque chose d'illégal. Je n'ai appris leur conflit qu'après le scrutin.» Il précise qu'aucune consigne de vote n'a été donnée dans son parti.

Eric Stauffer soutenu par son camp

Les alliés MCG et UDC font bloc autour du candidat malheureux à la 1ère vice-présidence. Après le scrutin, François Baertschi a dénoncé «une décision anti-démocratique crasse». Pour le député MCG, l'incident d'octobre dernier «n'est qu'un prétexte pour évincer notre parti». Il annonce d'ores et déjà un «durcissement du jeu politique». Ce que confirme Eric Stauffer. «Ce qui s'est passé ce soir complique l'unité de vote avec certains partis, en particulier le PLR. Je rappelle que, sans nous, le budget 2015 ne passait pas.» Pour l'UDC Christina Meissner, nouvelle 2e vice-présidente du parlement, «l'élection d'Eric Stauffer aurait été source d'apaisement».

Ton opinion