Berne n'a pas voulu froisser les Libyens

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Affiche MCGBerne n'a pas voulu froisser les Libyens

Ce sont les instances fédérales qui auraient forcé la décision d'interdire le placard du MCG arborant des photos de la famille Kadhafi.

Shahïn Ammane
par
Shahïn Ammane

Berne était ferme: il fallait éviter une nouvelle crise avec la Libye. Et donc proscrire l'affiche du Mouvement citoyens genevois (MCG) arborant le visage du colonel Kadhafi dans un premier temps et de son fils Hannibal ensuite. Eric Stauffer, président du parti, a donc crié au loup mal à propos en attaquant la censure exercée par le Conseil d'Etat genevois.

Car la décision serait venue des autorités fédérales. Selon un journaliste égyptien du quotidien panarabe «Al Shark El Awsat», des discussions diplomatiques ont été menées en coulisses dès le début de l'affaire. Dans un article publié le 23 octobre, Khaled Mahmoud indique détenir son information d'un haut responsable de l'autorité libyenne.

Un «ministre», nous a-t-il déclaré dimanche au téléphone, refusant toutefois de révéler son identité. Citant sa source, le journaliste souligne que «si la Suisse n'avait pas rapidement obtempéré, les deux pays se seraient dirigés vers une nouvelle crise».

Mais l'intervention de Berne dans ce dossier a apaisé les velléités de la Libye, qui a suspendu l'action judiciaire qu'elle allait intenter.

Depuis l'arrestation de Hannibal Kadhafi en juillet 2008 dans un palace genevois, «l'entourage du leader suprême de la Libye surveille de très près les incidents qui pourraient porter atteinte, à nouveau, à l'honneur de la famille Kadhafi», conclut Khaled Mahmoud.

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