Bertinat persiste: il veut des agents armés

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GenèveBertinat persiste: il veut des agents armés

Le candidat UDC au Conseil administratif a lancé sa campagne mercredi. Il veut intégrer les agents municipaux à la police cantonale.

Jérôme Faas
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Jérôme Faas
Eric Bertinat, entouré d'Eric Stauffer (à g., MCG) et de François Velen, secrétaire général de l'UDC.

Eric Bertinat, entouré d'Eric Stauffer (à g., MCG) et de François Velen, secrétaire général de l'UDC.

Eric Bertinat veut armer les agents de police municipaux. «Ce n'est pas plus compliqué qu'armer un militaire. En une semaine, je savais tirer et nettoyer mon fusil.» Ce credo, il le répète depuis qu'il brigue le siège du Conseil administratif laissé vacant par Pierre Maudet. Ce mercredi, le député et conseiller municipal UDC lançait officiellement sa campagne en vue de l'élection du 4 novembre. C'était l'occasion, pour lui, de présenter des vues plus complètes en matière de sécurité, le thème central de sa communication.

Un quatrième corps de police cantonale

En sus de l'armement, l'homme désire intégrer les agents municipaux à la police cantonale, afin qu'elle soit à l'avenir constituée de quatre corps: gendarmerie, police judiciaire, police de sécurité internationale, et donc police municipale. Ce dernier corps aurait ainsi accès à toutes les sources d'information dont disposent les forces cantonales. «Il serait hiérarchiquement subordonné à la gendarmerie, mais ses missions seraient de la responsabilité de la commune.»

Postes de police mobiles

Eric Bertinat propose également de créer des postes de police mobiles, implantés à l'exact endroit des lieux de deal, notamment. La politique du harcèlement, en somme. «Si ces lieux se déplacent, les agents les suivent. Il n'y a pas de raison qu'on laisse les choses se faire.»

Numéro unique d'alarme

Dernière mesure, le président de la commission des finances du Grand Conseil souhaite doter la police municipale d'un numéro unique et d'une centrale d'alarme, seul moyen (avec une communication plus poussée sur les réseaux sociaux), pense-t-il, de rapprocher agents et population. «Qui connaît, aujourd'hui, le numéro de ce service? Personne. C'est assez incroyable.»

L'armement constitue bien sûr la clé de voûte du dispositif de l'élu agrarien. Il le défend fermement, jugeant «inconscient de vouloir une police municipale non armée avec une criminalité de plus en plus violente». Il veut «en finir avec les gentils agents qui aident la mémé à traverser et embêtent ceux qui parquent mal leurs véhicules». S'il n'imagine pas changer leur prérogatives actuelles, «contrôler les identités, fouiller», il juge qu'armés, ils seraient plus crédibles et respectés. Leur action serait donc «simplement un petit plus sérieuse qu'aujourd'hui».

Une alliance MCG-UDC

Soutenu par le MCG, Eric Bertinat se lance avec un slogan, «gérer, protéger, transmettre», qui se veut tourné vers les générations à venir. «Parce que si je brigue le Conseil administratif, c'est pour préparer l'avenir de ceux qui vont me succéder.» Pour l'illustrer, son affiche le met en scène ouvrant le chemin à son fils de douze ans. «Je me suis donné de la peine pour réaliser une belle affiche, afin que les bourgeois ne puissent me reprocher une communication à coup d'explosif.» Ces «bourgeois», d'ailleurs, il s'en détourne résolument. «Je n'ai plus aucune confiance dans les partis de l'Entente. J'aurais plus tendance à l'accorder aux socialistes ou aux Verts.»

Intérêt pour le social

Le politicien assure enfin qu'il ne se sentirait pas désemparé si un autre département que celui de la Sécurité devait lui revenir. «Il y en a d'ailleurs un que je vise avec des yeux presque amoureux, c'est celui de la cohésion sociale. Il y a à Genève de véritables problèmes sociaux qui mériteraient qu'on s'y penche.» Quant à ses chances d'être élu, Eric Bertinat les juge raisonnables. Il s'est pris au jeu. «J'en suis arrivé à en rêver, de cette histoire. J'y pense même en me rasant. J'ai vraiment très envie d'aller à l'Exécutif.»

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