Ville de GenèveDes référendums sur fond de crispation idéologique
Depuis deux ans, l'Exécutif fait un budget, le Conseil municipal le lime, et le peuple doit trancher.

La droite, majoritaire au Conseil municipal, ne parvient pas à s'entendre avec le Conseil administratif majoritairement de gauche (ici Sandrine Salerno (PS), Guillaume Barazzone (PDC), Esther Alder (Verte), Sami Kanaan (PS) et Rémy Pagani (Ensemble à gauche)).
Keystone/Martial TrezziniIl ne s'agit «que» de 2,5 millions sur un budget de 1,15 milliard, mais gauche et droite en font une affaire de principe. Quatre référendums seront donc soumis au peuple le 24 septembre. Ils contestent des coupes opérées par la droite dans le budget 2017 de la Ville de Genève. Elles ciblent les dépenses générales, la solidarité internationale, l'encouragement à la culture et l'allocation rentrée scolaire.
«Les montants en soi ne sont peut-être pas un enjeu crucial, mais leur portée symbolique est importante. C'est un ballon d'essai», redoute Tobia Schnebli, d'Ensemble à Gauche. «Ils s'attaquent aux prestations alors que le budget est excédentaire, peste Valérie Buchs, du syndicat SIT. Le but est de préparer le terrain pour des cadeaux fiscaux aux entreprises.» Et la gauche d'égrener les manifestations et entités que ces coupes pourraient toucher. «Il s'agit de défendre des principes», dit la Verte Marjorie de Chastonay.
La droite juge l'inventaire malhonnête. «Aux comptes, chaque année, un bénéfice apparaît, dû notamment à de l'argent non dépensé», expose Simon Brandt (PLR). Bref, il ne s'agit que d'obtenir un budget-vérité. «Ça n'aura pas d'effet concret, il y a toujours des coussins», estime Daniel Sormanni, du MCG. Le gros des coupes, par ailleurs, n'est pas affecté: libre à l'Exécutif de choisir où limer. Et «un budget de 1 milliard pour 250 000 personnes, c'est délirant», juge l'UDC Jacques Pagan. C'est une question de principe.» On y revient.
Un scrutin entre les mains du tribunal
La votation aura-t-elle lieu? La justice tranchera. Les partis de droite ont saisi la Chambre constitutionnelle fin août. Ils jugent biaisée la brochure officielle de présentation, rédigée par le maire, Rémy Pagani. Elle comporte un ovni politique, soit une «introduction du comité référendaire» en sus des arguments des parties. Plus généralement, le document offre une large place à la gauche. La Ville s'est positionnée vendredi. Les juges délibéreront sans doute avant le scrutin.