L'UDC vire une élue puis lui facture son exclusion

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GenèveL'UDC vire une élue puis lui facture son exclusion

La députée siège dorénavant comme indépendante. Son ex-parti veut récupérer le manque à gagner.

Jérôme Faas
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Jérôme Faas
Christina Meissner est la vice-présidente du Grand Conseil genevois.

Christina Meissner est la vice-présidente du Grand Conseil genevois.

Keystone

«C'est comme être licenciée par son patron, et devoir en sus lui payer des indemnités!», s'exclame la députée Christina Meissner, virée de l'UDC en juin (lire ci-dessous). La voilà qui doit payer 10 000 fr. à son ex-formation «pour le manque à gagner subi du fait de m'avoir exclue». Un accord scellé en conciliation entérine ce montant. Vu que l'UDC lui réclamait bien plus (40 000 fr. selon elle, 20 000 fr. selon le parti), elle a préféré baster et s'éviter des années de procédure. Elle se dit néanmoins «choquée».

Marc Fuhrmann, président du parti agrarien, regrette cette issue car il dit beaucoup respecter Christina Meissner, mais la trouve logique. «Nous n'avons jamais voulu la licencier, nous étions prêts à oublier son infidélité, mais elle a préféré la voie dure, s'excluant elle-même.» Il aurait préféré qu'elle quitte alors le Grand Conseil et soit remplacée, «car là, le groupe perd une députée compétente». Il est amputé d'un élu et des revenus qu'il génère: un tiers de ses jetons de présence (ratio propre à l'UDC) et 7000 fr. par an.

La réaction du parti agrarien divise. Ana Roch, présidente du MCG qui a perdu trois élus persistant à siéger (dont Eric Stauffer), approuve. «Ils devraient verser un dédommagement, c'est une affaire de bonne foi. Mais aucun ne le fait et on a très peu de moyens de pression.» Bertrand Buchs, chef d'un PDC qui a vu filer Philippe Morel, se refuse à demander un centime, par principe. Et de juger que «réclamer de l'argent à quelqu'un que l'on a exclu est signe soit d'avarice, soit de bêtise».

"Au nom des femmes"

La brouille entre Christina Meissner et l'UDC a débuté en février 2016. Le parti voulait envoyer Patrick Lussi à la vice-présidence du Parlement. Mais la députée est présentée par la gauche. «Au nom de toutes les femmes, en tant que femme, j'accepte d'être candidate», dit-elle. Elle est élue. L'UDC vote son exclusion en juin. Elle siège depuis hors parti et rêve de la présidence du Grand Conseil. Elle invite aussi «toute personne choquée» par le sort que lui a réservé son ex-parti à faire un don à l'association SOS Femmes.

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