GenèveLa culture éclot dans un train en zone industrielle
Le Canton mise sur une coopérative pour créer des lieux de nuit. Cas pratique à la Praille.

Les wagons se trouvent à la rue Blavignac, contre les locaux de Partage.
20 minutes / jefDeux wagons décatis dans le secteur Praille-Acacias-Vernets (PAV) illustrent la politique de la nuit qu'initie l'Etat. Le 23 juin, un collectif féru de «free party» y a monté une soirée (DJ, projections), testant un lieu susceptible d'être affecté à terme à la culture. En amont, la coopérative Ressources urbaines (RU), appelée à jouer un rôle-clé dans l'émergence de tels espaces.
L'entité fait figure de pont entre l'Etat et les artistes, qui ont les idées mais pas toujours la connaissance des rouages administratifs et immobiliers. C'est précisément ce qui s'est passé avec les wagons, explique Matthias Solenthaler, l'un des membres fondateurs de RU: «Un collectif, membre de la coopérative, avait repéré le lieu. On a sollicité l'Office cantonal de la culture, qui a porté le projet à la commission de gestion du PAV. Nous sommes des facilitateurs, des garants. On monte le dossier, on signe, on écrit les lettres.» Et si l'usage culturel du lieu, propriété de la Fondation pour les terrains industriels, se confirmait, le bail temporaire reviendrait à RU.
«L'intérêt de cette structure, c'est que les acteurs culturels sont membres, et ça réduit les risques: il y a toujours des coopérateurs», expose Nicole Valiquer, responsable des lieux culturels à l'Office cantonal de la culture. Quant à la soirée wagons, «tout le monde a vu que ça s'est bien passé. Le projet va encore être testé une ou deux fois, puis on discutera pour le pérenniser».
Création à bas prix
Ressources urbaines, coopérative d'artistes et d'acteurs culturels, a été créée fin 2015. Son but: faire émerger des espaces de création bon marché. Ses fondateurs explorent des stratégies complémentaires: mise à disposition de terrains nus dans l'attente d'un projet via les droits de superficie, affectation temporaire de locaux avec des contrats de prêt à usage, lieux réservés à la culture dans les grands projets immobiliers, réaffectation de bâtiments existants.