GenèveLa journée de dix heures irrite les aides-soignants
L'hôpital a presque doublé son nombre de blocs opératoires. Les horaires ont été revus. Certains employés s'inquiètent, le syndicat SSP proteste.

Une quinzaine d'aides-soignants ont manifesté lundi après-midi devant l'hôpital.
20 minutes / jefC'est la soupe à la grimace: depuis hier, les aides-soignants du plus gros bloc opératoire des HUG sont susceptibles de faire des journées de dix heures, contre huit jusqu'alors. Alors que l'absentéisme gangrène la fonction (un constat partagé par les employés, les syndicats et la direction), ils s'inquiètent. «Ça devient un stress énorme, dit l'un d'eux. On se retrouve parfois à trois pour huit salles et huit patients. Vous sortez de là, vous ne savez plus comment vous vous appelez.» C'est dire si la perspective de rester parfois onze heures sur leur lieu de travail - dix plus une pause d'une heure - déplaît à certains. «On a l'impression de travailler dans une usine, on est en train d'enlever le côté humain à l'hôpital», regrette une employée.
Aidés par le syndicat SSP, ils ont remis à la direction une pétition demandant l'ouverture de discussions. «En tant que telles, les journées de dix heures ne sont pas illégales, expose la secrétaire syndicale Sabine Furrer. Ce qui est problématique, c'est que le personnel doit être consulté lors de changements d'horaires. Cela n'a pas été fait.» Si le SSP n'obtient pas de négociations, il envisage «des mesures de lutte».
Dix heures, une exception
Le porte-parole des HUG, Nicolas de Saussure, rappelle qu'«aujourd'hui (ndlr: lundi) l'hôpital passe de huit blocs à quatorze. Cela implique de réorganiser toutes les professions.» S'il admet volontiers que les syndicats n'ont pas été consultés, l'avis des employés a été pris en compte, assure-t-il. «Trois types d'horaires ont été proposés: huit heures, dix heures, et un panachage de huit et dix heures. On a retenu cette formule, la plus plébiscitée, mais il est exact que ce choix ne convient pas à tout le monde.» Il précise que seuls 6% des horaires font dix heures. Ils donnent lieu à un jour de congé supplémentaire. «Un sondage de satisfaction anonyme sera réalisé dans trois mois afin de tirer un bilan, qui sera remis aux syndicats.»