GenèveLes rois du bitume ont déferlé sur trois roues
Sprint et contre-la-montre ont fait le bonheur des aficionados du tricycle, au centre-ville. L'événement avait lieu dans le cadre de l'Autre salon.
Une clameur monte de la foule massée sur la place des Grottes, au centre-ville, lorsqu'une vingtaine de concurrents juchés sur leur tricycle s'élancent pour l'étape en sprint. Les parents des jeunes coureurs hurlent des encouragements et mitraillent leurs champions avec leurs smartphones. «C'est partiiiii !», clament les speakers. Le départ en montée est un peu chaotique, tout le monde pousse à s'en faire éclater les mollets. «C'est génial! On passait par là, et on a débarqué dans un autre monde», s'exclame une spectatrice hilare.
Le «Tour de France en tricycle» a fait étape à Genève. Une épreuve gratuite et pour rire, évidement, qui constitue l'un des événements phare de la 9e édition de l'Autre salon. La manifestation, traditionnellement organisée en marge du Salon de l'automobile, entend promouvoir la mobilité douce.
Sprint et contre-la-montre ont fait le bonheur des aficionados du tricycle, au centre-ville. Lévénement avait lieu dans le cadre de l'Autre salon.
Bananes ambulantes
Anouk, 6 ans, a pris part au contre-la-montre. Elle n'est pas peu fière. Non seulement elle a effectué une course brillante, mais en plus, «j'ai réussi à éviter les peaux de bananes!», se réjouit la fillette. Parce que oui, il y avait de vraies pelures sur la route. Sans doute des spectateurs inconscients qui ont jeté là les restes des fruits offerts au public par la caravane du Tour - des jeunes gens affables déguisés en frites et en bananes.
La manifestation humoristique est aussi un exemple de fair-play, assurent les deux speakers délirants qui commentent les courses: «Contrairement au golf ou à l'aviron, le tricycle reste un sport exempt de tout hooliganisme». Mais tout n'est pas rose dans le monde de la petite reine à trois roues. Le dopage semble bien présent: un coureur s'est fait prendre.
Après un contrôle dans une petite tente, le coupable ressort avec un verre à la main, rempli d'un liquide jaune suspect. Un goût anisé flotte dans l'air. Les regards se portent sur une bouteille de pastis posée à proximité du laboratoire antidopage. Le fautif clame que «le jury est partial. J'exige une contre-expertise!» Refus du Dr Mabuse, comme se fait appeler le responsable des contrôles. Celui-ci se veut rassurant: «Même si il y a des brebis galeuses, le tricycle reste un sport propre».
Un quartier vivant
«C'est très rock'n'roll», se marre Sébastien Cramer, membre de l'association Pré-en-Bulles - «en tant que sportif, on me connaît plus sous le nom d'Eddy Cramerckx», glisse-t-il. Casquette à pois sur la tête et drapeau à la main, il officie au départ des courses. Une fois le rideau tombé sur les épreuves, il savoure: «Il y avait une super ambiance! Ce genre de manifestation tisse des liens dans le quartier, entre habitants mais aussi avec les associations. C'est génial que tout le monde joue le jeu!»