Ville de GenèvePort du burkini autorisé dans les bassins genevois
Au centre de polémiques, le vêtement fait son entrée dans les piscines du bout du lac. Il reste prohibé à Lausanne.

Le costume de bain islamique reste rarissime à Genève.
Rolf HaidLa Ville de Genève a dépoussiéré le règlement qui régit ses piscines publiques. Entré en vigueur le 1er septembre, il prévoit que «les tenues de bains sont autorisées». Une formulation générique qui permet au burkini, interdit jusqu'alors, de faire son entrée dans les bassins de la Cité de Calvin. Le port de cette tenue longue, qui couvre l'ensemble du corps excepté le visage, les mains et les pieds, se trouve régulièrement au cœur de polémiques. Une mère de famille avait ainsi dû quitter la piscine de Carouge (GE) en 2016.
Des raisons de sécurité ont pu être invoquées pour l'interdire. La Ville de Genève les a écartées. «Nous n'avons retenu qu'un seul critère: l'hygiène. A partir du moment où une tenue a une texture appropriée, elle est acceptée», explique Félicien Mazzola, porte-parole du Département du sport. Il précise que la Ville n'a reçu qu'une demande liée au burkini en cinq ans. «Notre principal problème au quotidien est celui des usagers qui viennent en short de ville», indique-t-il.
A Lausanne, le burkini reste interdit. Des questions d'hygiène sont avancées. «Les tenues doivent arriver au dessus des genoux et des coudes. Sinon, cela demande de traiter davantage l'eau. Cela exclut aussi les combinaisons de triathlon», argumente Christian Barascud. Egalement président de l'Association des piscines romandes et tessinoises, il précise que le comité fera un bilan du changement de règlement genevois.
Seins nus, feu vert
Le nouveau règlement des piscines de la Ville définit plus précisément qu'avant ce qui est autorisé ou prohibé. Ainsi, les combinaisons de plongées sont bannies, tandis que celles de triathlètes sont acceptées sous conditions. Autorisée depuis peu dans le lac, la nage seins nus devient en théorie autorisée. La nudité complète reste proscrite. Le Département précise toutefois que le respect des règles se fait selon l'appréciation des gardiens, notamment en matière de moeurs.