Un Genevois repousse les migrants en Méditerranée

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GenèveUn Genevois repousse les migrants en Méditerranée

Ancien premier-lieutenant de l'armée suisse, l'identitaire de 32 ans Jean-David Cattin s'est enrôlé dans la mission «Defend Europe».

Lucie Fehlbaum
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Lucie Fehlbaum

«Chaque heure, des bateaux remplis de migrants illégaux inondent les eaux européennes. Une invasion se met en place.» Voilà le préambule du site web de l'opération «Defend Europe». Ce mouvement, composé d'identitaires européens, entend sillonner la Méditerranée à bord du navire C-Star pour empêcher les migrants d'atteindre le Vieux-­Continent.

Selon le «SonntagsBlick», c'est un Genevois de 32 ans, ex-officier de l'armée, qui gère la coordination de la mission. «Le premier-lieutenant Jean-­David Cattin a été suspendu en 2012, a confirmé dimanche Daniel Reist, porte-parole de l'armée. L'article 113 de la loi sur l'armée a été invoqué à cet effet.» Cet article régit notamment la dangerosité potentielle des militaires. Le journal alémanique présente Jean-David Cattin comme le porte-voix de l'opération, qu'il aurait contribué à financer.

La position idéologique de cet ancien premier-lieutenant ne pose pas de problème particulier à l'armée – même s'il en faisait encore partie. «S'il participe à cette action en tant que citoyen, il n'aurait pas risqué sa place, explique Denis Froidevaux, président de la Société suisse des officiers jusqu'en 2016. Etre officier n'empêche pas la stupidité. Notre armée de milice est le ­reflet exact de la société civile. Certaines personnes sont supérieurement intelligentes, d'autres se cherchent. Il s'agit sûrement d'un jeune homme désorienté, en quête d'un but dans la vie.»

Navire bloqué

Navire bloqué

Aux dernières nouvelles, le C-Star et ses passagers sont bloqués au canal de Suez, le capitaine n'ayant pas pu présenter une liste d'équipage conforme. Selon ses termes, l'opération veut «révéler la collaboration entre trafiquants d'êtres humains» et ONG aidant les migrants. Elle souhaite aider les gardes-côtes libyens en leur «ramenant» les bateaux qui quittent leur pays. Les ONG actives dans le secteur s'inquiètent d'une éventuelle présence d'armes à bord du C-Star.

Jean-David Cattin

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