BelgiqueL'as du Scrabble ne parle pas un mot de français
Le Néo-Zélandais Nigel Richards a mémorisé tout le dictionnaire en un temps record pour remporter le championnat du monde francophone, le 20 juillet.
Il sait caser des «mot-compte-triple» comme personne et a déjà été sacré trois fois champion du monde du Scrabble anglophone. Lundi, à Louvain-la-Neuve (Bel), Nigel Richards a ajouté un titre inattendu à son palmarès: celui de champion du monde du célèbre jeu de lettres, mais cette fois dans sa version francophone. Or ce Néo-Zélandais de 52 ans ne parle pas un mot de la langue de Molière! Il a tout simplement réussi à mémoriser le dictionnaire français et tous les tableaux de conjugaison. Mission accomplie en… neuf semaines.
Lors de la finale, Richards a laissé K.-O. son rival avec des combinaisons telles que «envoyâtes» ou «anatrope». Il s'est même payé le luxe de contester – à juste titre – un mot posé par son adversaire. Comme le constate Dzibz, un blogueur français spécialiste du Scrabble, «le principal enseignement que nous apporte la victoire de Richards, c'est que le Scrabble est un sport de matheux, plus que de littéraires».
Jamais lu un livre
Le quinquagénaire est une véritable légende dans le petit monde du Scrabble anglophone, qu'il domine depuis une vingtaine d'années. Sa personnalité fascine. Il vit en ermite en Malaisie. «Je ne pense pas qu'il ait jamais lu un livre à part le dictionnaire», confie un proche. A part le vélo, qu'il pratique avec assiduité, on ne lui connaît aucun centre d'intérêt: ni l'argent ni les femmes ni la gloire. A un champion qui s'étonnait de ne pas le voir réagir après une victoire ou une défaite, il a simplement répondu: «C'est parce que je m'en fiche.»