Le pastafarisme reconnu au Texas

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Etats-UnisLe pastafarisme reconnu au Texas

Qui l'eût cru ? C'est le très conservateur Texas qui a pour la première fois aux Etats-Unis reconnu la parodique église, à l'initiative d'un étudiant athée faisant la promotion de la laïcité.

Cécile Fandos
Austin
par
Cécile Fandos
Austin

Les fidèles de l'église du Monstre en spaghettis volants ont encore frappé. Avant le Texan Eddie Castillo, d'autres athées luttant contre tout dogme par le biais de cette religion parodique inventée pour dénoncer le créationnisme sont parvenus à poser pour la photo de leur permis de conduire avec une passoire sur la tête pour dénoncer le fait que leur Etat n'autorise le port de couvre-chefs sur des documents officiels que pour motif religieux. Mais c'est la première fois que le pastafarisme rencontre un tel succès dans son pays d'origine: les Etats-Unis, a rapporté la chaîne locale de CBS dans la région de Lubbock, KLBK.

Le jeune homme n'est pourtant pas le premier Américain à avoir tenté sa chance, rappelle le Huffington Post, entre autres médias s'étant fait l'écho de la nouvelle. L'étudiant de psychologie est donc le premier surpris. «J'avais entendu des histoires de personnes arrêtées pour avoir tenté de faire ce que j'ai réussi à faire, donc quand je suis allé me faire prendre en photo, je m'étais préparé à devoir payer une caution afin de pouvoir sortir de cellule», témoigne Eddie Castillo dans cette interview télévisée.

Le pastafarisme «ne vise pas à se distinguer des autres religions, ni à leur porter préjudice», déclare encore le jeune athée dans cet entretien. «Il doit être compris comme un symbole politique en faveur de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.»

Eddie Castillo n'a d'ailleurs jamais égoutté de pâtes avec sa passoire. Il l'a acheté uniquement pour remettre en cause l'acception traditionnelle du mot religion, lui qui s'est toujours senti isolé en tant qu'athée depuis son arrivée dans le Nord du Texas, signale le «Lubbock Avalanche Journal», en précisant que l'étudiant n'a pas eu à faire la queue avant d'être pris en photo, ni à payer les 25 dollars de frais de délivrance d'un nouveau permis de conduire, tandis que son colocataire était autorisé à immortaliser la scène avec son téléphone portable.

Est-ce après avoir saisi la portée laïque du portrait à la passoire? L'administration, qui a tergiversé pendant un mois avant d'accéder à l'étrange demande d'Eddie Castillo, est en train de revenir sur sa décision. Le service juridique du Department of Public Safety du Texas «a examiné le cas et s'apprête à contacter Castillo pour remédier à la situation», indique KLBK.

Mais «Castillo assure que le DPS ne lui a rien dit qui laisse à penser qu'il devrait se faire reprendre en photo. Et il n'est pas inquiet. 'Je ne pense pas qu'ils se précipitent pour m'interroger, car j'ai suivi les procédures'», a-t-il confié au «Lubbock Avalanche».

(France USA Media)

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