ColombieLes Farc prêts à «rectifier» l'accord de paix
la guérilla maintenait son cessez-le-feu «définitif» malgré l'échec la veille du référendum sur l'accord de paix.
Le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, alias Timochenko, a annoncé lundi que la guérilla maintenait son cessez-le-feu «définitif» malgré l'échec la veille du référendum sur l'accord de paix. «Nous réaffirmons devant la Colombie et le monde que les fronts guérilleros (des Farc) maintiendront le cessez-le-feu bilatéral et définitif afin de soulager les victimes du conflit et respecter l'accord avec le gouvernement», a déclaré Timochenko dans une vidéo diffusée depuis La Havane, siège des pourparlers de paix entre fin 2012 et août 2016.
Rectifier l'accord de paix
Le chef suprême de la guérilla colombienne des Farc, Timoleon Jiménez, s'est dit lundi prêt à «rectifier» l'accord de paix noué avec le gouvernement qui a été rejeté à la surprise générale par les Colombiens lors d'un référendum dimanche. «Nous sommes en train d'analyser dans le calme les résultats pour continuer, car cela ne signifie pas que la bataille pour la paix a été perdue», a assuré M. Jiménez à W Radio à La Havane, lieu des négociations pendant près de quatre ans.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) «prépareront des initiatives» pour mener «de l'avant ce processus», malgré la victoire du «Non» : ce résultat «nous donne plus d'enthousiasme, nous engage beaucoup plus, car de toutes façons il y a plusieurs lectures et il faut les analyser pour voir en quoi il faut rectifier» cet accord, a-t-il déclaré.
Timoleon Jiménez, plus connu sous son nom de guerre Timochenko, a affirmé que la principale guérilla de Colombie et le gouvernement gardent malgré tout le «même objectif» de mettre fin à un conflit vieux de 52 ans et responsable de millions de victimes, décédées, disparues ou déplacées.
Un oui qui aurait dû l'emporter
Timochenko et le président Juan Manuel Santos avaient signé il y a une semaine à Carthagène des Indes (nord) l'accord historique de paix, mais pour entrer en vigueur, le «Oui» devait l'emporter au référendum organisé dimanche.
Alors que la plupart des sondages prédisaient un résultat dans ce sens, c'est finalement le «Non» qui l'a emporté, à 50,21% des suffrages contre 49,78% pour le «Oui», dans un scrutin marqué par une forte abstention, de 62%.
Le camp du «Non» avait été mené par l'ex-président Alvaro Uribe, avec comme principaux arguments que les guérilleros devaient tous effectuer un minimum de prison (l'accord prévoyant des peines alternatives pour ceux avouant leurs crimes) et ne devaient pas exercer de postes publics.
Inclure les abstentionnistes
Le référendum a été influencé par «une polarisation soutenue de manière presque artificielle», a estimé lundi Timochenko, assurant que son mouvement étudiera comment inclure, dans cette «bataille pour la paix», ces «plus de 60%» de Colombiens qui n'ont pas voté.
Le négociateur de la guérilla Pablo Catatumbo a pour sa part affirmé sur Twitter que le résultat de dimanche «n'est pas une hécatombe» : «C'est seulement un faux pas dans cette longue lutte de notre peuple pour parvenir à la paix définitive». (nxp/afp)