Tuerie en directComédiens, balles à blanc: revoilà les complotistes
Comme après chaque tuerie aux Etats-Unis, les adeptes des théories du complot se déchaînent. Certains crient à une mise en scène visant à durcir la loi sur les armes.
A chaque événement tragique, ils se déchaînent sur le web à coup de démonstrations, de théories et d'accusations. Et la
fusillade survenue mercredi dernier en direct à la télévision n'y échappe pas, rapporte le «Daily Star». Pour les adeptes des théories du complot, cette tuerie n'était qu'une mise en scène visant à forcer une interdiction des armes, à rétablir la loi martiale ou encore à déclencher une guerre raciale. Et tant pis si les preuves qu'ils pensent avancer ne tiennent pas la route.
Des «crisis actors»
Premier argument avancé par les complotistes: le père et le petit ami d'Alison Parker ne sont en fait que des «crisis actors», c'est-à-dire des comédiens payés par le gouvernement pour rendre une attaque terroriste ou un autre drame plus crédible. Sur YouTube, différentes interviews de Chris Hurst sont passées au crible. Certains estiment que le jeune homme ne semble absolument pas accablé par le décès de sa bien-aimée et que sa façon de montrer leur album de souvenirs à tout va est une «manière grossière de prouver que leur liaison était bien réelle».
La mine «souriante» d'une des collègues des deux victimes au moment de leur rendre hommage n'a pas non plus échappé à certains internautes, qui n'expliquent cependant pas où seraient passés Alison Parker et Adam Ward s'ils étaient encore en vie.
Mais ce qui fait particulièrement mousser les complotistes, ce sont deux tweets publiés par Chris Hurst où il rend hommage à Alison Parker. Alors que la tuerie est survenue à 6h45 heure locale, les deux publications du petit ami de la victime affichent 6h31 et 6h34. Avides d'apporter de l'eau à leur moulin, les internautes n'ont pas cru bon de tenir compte du décalage horaire entre la côte ouest et la côte est. Il était donc 9h30 heure locale quand le jeune homme a publié ses messages.
Vidéos remises en question
Certains estiment qu'il est impossible que les trois victimes de la fusillade n'aient pas vu Vester Lee Flanagan arriver. Ils relèvent également l'absence de sang alors que la journaliste se fait tirer dessus presque à bout portant, évoquant l'utilisation de balles à blanc. D'autres complotistes estiment que la main tenant l'arme n'est pas celle de Vester Lee Flanagan, mais qu'elle appartient à un homme blanc. Ils se demandent également d'où peut bien provenir l'arrêt sur image montrant le meurtrier en train de pointer son arme sur le caméraman. Selon eux, cette capture d'écran ne provient pas des images filmées par la caméra d'Adam Ward. «D'où vient-elle donc?» s'interroge un utilisateur de YouTube.
A coup d'arrêts sur images et d'analyses poussées, certains experts autoproclamés du «fake» affirment que les deux femmes visées par le tireur jouent la comédie. Ils n'expliquent cependant pas ce qu'il a pu advenir d'elles après cette «mise en scène».
Deux journalistes muselés
Un blogueur relève que deux journalistes de la BBC ont reçu l'ordre de la police de l'Etat de Virginie d'effacer la vidéo qu'ils avaient réalisée de la voiture accidentée de Vester Lee Flanagan. Franz Strasser et Tara McKelvey couvraient la course-poursuite entre les policiers et le tireur quand ils ont été interrompus dans leur travail, rapporte le site pri.org. La porte-parole de la police et l'Association nationale des photographes de presse ont ouvert une enquête sur l'incident. Cette péripétie n'a pas manqué de mettre la puce à l'oreille des complotistes, qui y voient là une tentative de cacher ce qui s'est vraiment passé. Ils ne précisent évidemment pas si Flanagan est réellement coupable ni ce qui a pu advenir de lui.
Le père de la journaliste abattue va militer pour le contrôle des armes
Le père de la journaliste américaine abattue en direct à la télévision a annoncé vouloir désormais consacrer son énergie à la lutte contre la violence par armes à feu.
«J'ai l'intention de mobiliser toute ma force et mes ressources pour que quelque chose de bien sorte de tout ce mal», écrit Andy Parker, le père de la journaliste dans un article publié dimanche par le Washington Post.
Alison Parker, une reporter de 24 ans, ainsi que le caméraman Adam Ward, 27 ans, ont été tués le 26 août, alors qu'ils réalisaient une interview en direct. Le tireur, Vester Flanagan, un ex-journaliste employé par la chaîne, s'est suicidé quelques heures plus tard.
«Je mesure la puissance de la force qui s'oppose à des garde-fous sensés et raisonnables sur l'achat d'instruments qui ont un but unique : tuer», dénonce M. Parker.