IrakL'EI piège des jouets pour enfants avec des explosifs
Pour faire le plus de victimes possible parmi les civils, Daech truffe d'explosifs des objets en apparence banals, comme des ours en peluche ou des petits camions.
Un large éventail de forces irakiennes et internationales sont engagées dans l'offensive lancée mi-octobre pour la reprise de Mossoul, principal bastion du groupe Etat islamique (EI). Alors que les combats font rage dans la deuxième ville d'Irak, les soldats affrontant Daech sont confrontés à une forme d'attaque particulièrement sinistre imaginée par les jihadistes: des jouets piégés. «The Guardian» rapporte en effet que le groupe Etat islamique truffe d'explosifs des objets en apparence innocents, comme un ours en peluche ou un camion miniature. Lorsqu'un bambin s'en empare, le jouet explose instantanément. «Les jihadistes savent que les Peshmergas ne les toucheront pas, mais que les enfants le feront», explique le colonel Nawzad Kamil Hassan, ingénieur au sein des forces kurdes.
Celui-ci a récolté et préservé quelques-unes de ces bombes déguisées afin de former les nouvelles recrues fréquentant son centre de formation. Avec l'aide de l'armée française, le colonel essaie de limiter le nombre de victimes d'explosions en apprenant à ses troupes comment reconnaître et neutraliser les dispositifs créés par Daech. Nawzad Kamil Hassan estime que ces explosifs déguisés montrent toute l'ingéniosité, l'intelligence et l'énergie dont l'EI fait preuve dans le but de semer la mort par tous les moyens possibles et imaginables.
Des objets du quotidiens changés en machines à tuer
Les jihadistes se servent non seulement de jouets pour enfants, ils recyclent également toutes sortes d'objets d'apparence inoffensive pour les transformer en arme: une montre abandonnée, une carte à jouer, un tuyau ordinaire laissé au milieu d'une route ou un tas de vieux vêtements sont susceptibles d'exploser entre les mains du civil qui serait tenté de les ramasser. L'habileté acquise par Daech dans le maniement et la création d'explosifs rend la tâche de ses adversaires particulièrement difficile. Les Irakiens, eux, craignent de rentrer chez eux une fois les jihadistes partis: ils ont peur de tomber sur tel ou tel explosif bricolé par Daech.
«Chaque fois, on trouve un nouveau dispositif. Certains de nos hommes ont découvert des choses que d'autres n'avaient jamais vues avant», explique le colonel Nawzad Kamil Hassan. A chaque mission, la collection d'objets explosifs découverts par ses hommes s'étoffe. Et le colonel estime que cette machine infernale continuera de se développer tant que l'EI bénéficiera d'espace et de ressources lui permettant de semer la mort. «Ce ne sont pas des animaux. Ils sont pires que des animaux», conclut-il en prenant dans sa main un ours en peluche dont l'explosif a été désactivé.