L'UE accusée de se rendre «complice» de la tragédie

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Mort de migrants en MéditerranéeL'UE accusée de se rendre «complice» de la tragédie

Des ONG venant en aide aux migrants en Méditerranée ont accusé vendredi l'Union européenne de se voiler la face concernant les milliers de morts en mer cette année en tentant de rejoindre ses côtes méridionales.

Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)
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Nouveau drame sur une plage en Libye. Une vingtaine de clandestins ont été tués par des passeurs sur une plage en Libye après avoir refusé d'embarquer à bord d'un bateau pour rejoindre l'Europe. (8 mars 2017)
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Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)

AFP

De nouveaux naufrages cette semaine entre la Libye et l'Italie ont alourdi le bilan de migrants morts en mer, qui s'élève à 4220 depuis le début de l'année, un chiffre déjà supérieur aux totaux annuels de 2014, 2015 et de n'importe quelle autre année pour laquelle un bilan existe, a indiqué l'Organisation internationale pour les Migrations.

Plus de 725 migrants supplémentaires sont morts jusqu'à présent en 2016 par rapport à la même période en 2015, a souligné l'OIM. «Face à ce nouveau record scandaleux, l'Union européenne ne peut pas continuer à faire comme si rien ne se passait et se rendre complice de cette tragédie qui s'aggrave», a dénoncé Tommaso Fabbri, chef de mission en Italie de Médecins sans Frontières (MSF).

«Il faut d'urgence fournir des moyens sûrs et légaux aux personnes désespérées qui viennent chercher la sécurité en Europe, sans qu'elles risquent ou perdent leur vie», a-t-il insisté. Un navire affrété par MSF, le Bourbon Argos, a secouru vendredi 867 personnes, dont 119 femmes et huit bébés (dont quatre âgés de quelques mois).

«Plus il y a de bateaux, plus il y a de risques»

L'organisation MOAS d'aide aux migrants, basée à Malte, a elle aussi appelé l'Europe à changer d'attitude: «face à ce nombre record de morts, nous devons trouver des alternatives pour ces gens qui fuient la violence, les persécutions et la pauvreté», a affirmé un porte-parole.

Un responsable de l'OIM, Federico Soda, a affirmé que le nombre de morts cette année était dû en partie à trois importants naufrages en avril et mai, qui ont provoqué 1.400 morts, et à une hausse inattendue du trafic de migrants en octobre. «En octobre, les conditions météo en mer sont généralement mauvaises, ce qui cause inévitablement plus d'accidents», a-t-il expliqué. «En Italie, nous avons assisté à un nouveau record d'arrivées en octobre - 27'388 cette année, contre 8915 en 2015 et 15'264 en 2014. Plus il y a de bateaux, plus il y a de risques de naufrages», a-t-il ajouté.

(afp)

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