Attentat de BerlinAttaque de Daech: le suspect toujours en fuite
Le groupe Etat islamique a revendiqué mardi l'attentat au camion-bélier qui a fait 12 morts la veille à Berlin selon Amaq, l'agence de propagande de l'organisation jihadiste.
Les autorités allemandes ont libéré mardi le seul suspect de l'attentat au camion-bélier qui a fait douze morts la veille à Berlin.
Les enquêteurs suivent «plusieurs pistes» concernant cette attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).
«Les résultats de l'enquête n'ont à l'heure actuelle pas mis au jour d'éléments confirmant des soupçons» à l'encontre du demandeur d'asile pakistanais arrêté lundi soir, a expliqué le parquet fédéral dans un communiqué. «Les expertises de la police scientifique et technique n'ont pas pu établir jusqu'à présent la présence du suspect dans la cabine du poids lourd», a-t-il ajouté.
Plus tôt, policiers et procureurs avaient déjà dû admettre que l'individu, arrivé en Allemagne le 31 décembre 2015, n'était sans doute pas l'auteur des faits. «Nous avons probablement un dangereux criminel dans la nature», avait déclaré dans l'après-midi le chef de la police berlinoise, Klaus Kandt.
Revendication de l'EI
Ce drame, qualifié d'«acte terroriste» par la chancelière Angela Merkel, a fait douze morts et une cinquantaine de blessés, dont quatorze sont toujours en danger de mort, selon le ministre de l'intérieur Thomas de Maizière.
L'attaque a été revendiquée par l'EI. Selon le groupe djihadiste, elle a été menée «en réponse aux appels lancés pour soient visés les ressortissants des pays de la coalition» anti-EI. L'Allemagne participe à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis qui mène des raids aériens sur les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
«Nous venons de prendre connaissance de la supposée revendication de l'Etat islamique, qui est en fait une bande de terroristes», a réagi M. de Maizière à la chaîne de télévision publique ARD. «Les enquêteurs suivent actuellement plusieurs pistes», a-t-il ajouté en assurant que «personne ne relâchera l'effort tant que l'auteur ou les auteurs (de l'attaque) n'auront pas été capturés».
«Une Allemagne ouverte»
Avant que les doutes ne soient émis par la police, Mme Merkel avait jugé «particulièrement difficile d'imaginer» la possible implication d'un demandeur d'asile, alors que les critiques sur sa politique migratoire redoublent.
La chancelière est allée dans l'après-midi avec certains de ses ministres sur les lieux du drame pour participer à une minute de silence, avant de se rendre sur le site recouvert de débris. Elle a promis que le pays trouverait «la force de la vie que nous voulons vivre en Allemagne, libre, ensemble et ouverte».
Chauffeur tué
Le camion a foncé sur la foule qui se pressait sur le marché de Noël installé au pied de l'église du souvenir, monument phare de l'ouest de la capitale allemande au clocher éventré par les bombardements de la Seconde guerre mondiale.
Le poids lourd appartenait à une société de transport polonaise et son chauffeur attitré, de nationalité polonaise, a été retrouvé mort dans le véhicule. L'arme qui a servi à le tuer reste introuvable, a précisé Thomas de Maizière.
Débat sur l'immigration
Cette attaque a relancé le débat sur l'immigration qui agite le pays depuis des mois. L'accueil de plus de 900'000 migrants et réfugiés par l'Allemagne en 2015 a suscité des tensions au sein de la coalition au pouvoir et favorisé la percée du parti populiste Alternative pour l'Allemagne (AfD).
«Ce sont les morts de Merkel!», a dénoncé l'un des responsables de l'AfD, Marcus Pretzell. «L'Allemagne n'est plus sûre» face «au terrorisme de l'islamisme radical», a renchéri la figure de proue du mouvement, Frauke Petry. Thomas de Maizière, a jugé ces accusations «odieuses».
La CSU, le parti bavarois allié de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel, a de son côté appelé à un changement dans la politique allemande d'immigration et de sécurité.
Gare de Cologne évacuée
Dans ce contexte de tension, la gare de Cologne a été évacuée mardi soir vers 18h00 après un coup de téléphone faisant état de la présence d'une bombe, a indiqué un porte-parole de la police de la ville à l'AFP. L'alerte a toutefois été levée une heure plus tard. (afp)