Premiers obstacles pour Matteo Renzi

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ItaliePremiers obstacles pour Matteo Renzi

Matteo Renzi, chargé de former un prochain gouvernement, lundi, a fort à faire, en Italie.

Matteo Renzi est maire de Florence.

Matteo Renzi est maire de Florence.

Le chef du Parti démocrate (PD) Matteo Renzi, qui sera chargé lundi par le président italien Gorgio Napolitano de constituer un gouvernement, écrit son programme et prépare son équipe. Mais il rencontrait dimanche déjà les premiers obstacles dans l'attente de sa nomination officielle.

Après des consultations avec les dirigeants des partis vendredi et samedi, M. Napolitano a convoqué lundi matin Matteo Renzi pour lui confier officiellement le mandat de constituer un gouvernement, a indiqué dimanche la présidence dans un communiqué.

Le jeune maire de Florence, 39 ans, poursuivait ses consultations. Elles s'avèrent plus compliquées que prévu en raison des réticences aussi bien de ses alliés de droite que de ses amis de gauche.

Le premier coup dur est arrivé samedi soir avec le «non» de son ami, l'écrivain Alessandro Baricco, que Matteo Renzi voyait au ministère de la Culture.

Cabinet sans le patron de Luxottica

Second refus de taille, celui d'Andrea Guerra, patron du grand groupe international Luxottica et auquel il souhaitait confier le ministère du Développement économique.

Le ministère-clé de l'Economie constitue un autre casse-tête pour Matteo Renzi. Troisième économie de la zone euro, la péninsule, peine à sortir de la récession avec un maigre 0,1 % de croissance au dernier trimestre 2013.

Matteo Renzi est pressé d'arriver au pouvoir après avoir fait voter jeudi par la direction du parti une motion de défiance envers son prédécesseur et membre du même parti, Enrico Letta, poussant ce dernier vers la sortie.

Demande par Alfano

Le jeune chef du PD était convaincu d'obtenir le mandat de constituer le gouvernement des mains de M. Napolitano dès samedi soir, à la fin des consultations politiques que le président a menées avec les principaux leaders du pays.

Mais de nombreux dirigeants de partis, méfiants envers M. Renzi, qui promettait il y a une semaine à peine son soutien au gouvernement Letta, ont voulu lui montrer qu'il devait désormais prendre en compte leurs exigences, faute de disposer avec son parti d'une majorité dans les deux chambres du Parlement.

Coalition droite gauche

Le plus explicite a été le vice-Premier ministre sortant et chef du Nouveau centre droit (NCD), Angelino Alfano. Les 30 sénateurs du NCD sont essentiels pour assurer la majorité gouvernementale de coalition gauche-droite.

M. Alfano s'est déclaré prêt samedi à participer à un éventuel gouvernement Renzi, mais à deux conditions. D'abord que «l'axe de l'actuelle coalition 'anormale' droite gauche ne se déplace pas vers la gauche». «Nous dirions non à un tel gouvernement», a-t-il dit.

La seconde condition est de «faire les choses en grand» pour sortir le pays de la crise, en ciblant «la classe moyenne». «Mais pour faire les choses en grand, il faut du temps. On ne peut pas conclure un accord (avec Matteo Renzi, ndlr.) en 48 heures et, une fois l'accord conclu, il faudra l'inscrire noir sur blanc», a averti M. Alfano.

Parti de Berlusconi dans l'opposition

Le leader du NCD a renchéri dimanche, rappelant que son parti est «décisif» pour Matteo Renzi.

Par ailleurs, le parti de Silvio Berlusconi va rester dans l'opposition. M. Berlusconi a assuré samedi avoir fait part au chef de l'Etat de «sa préoccupation et stupéfaction pour cette crise opaque qui s'est ouverte en dehors du Parlement et au sein d'un seul parti».

Des partis comme le Mouvement 5-Etoiles (M5S), hostile à la classe politique traditionnelle, et la Ligue du Nord, formation autonomiste, avaient mis fin à leur participation aux consultations organisées par Giorgio Napolitano. (ats)

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