FranceSarkozy veut démanteler 300 camps de Roms
Le gouvernement français entend démanteler dans les trois mois environ 300 camps illégaux installés en France par des gens du voyage et des Roms.

Les gens du voyage qui s'installent illégalement ne sont plus les bienvenus en France.
La France procédera, parallèlement au démantèlement des camps, à la reconduite «quasi immédiate» en Roumanie et en Bulgarie des Roms ayant commis des atteintes à l'ordre public, a ajouté M. Hortefeux à l'issue d'une réunion interministérielle sur les gens du voyage, à l'Elysée. En 2009, plus de 10'000 Roms ont été expulsés de France.
Dans un communiqué, le président de la République Nicolas Sarkozy précise qu'une réforme législative sera entreprise «afin de rendre plus efficace le dispositif d'évacuation des campements illégaux.»
Grosses cylindrées
«Dans un délai de trois mois, la moitié des camps illicites seront démantelés, camps ou squatts», a dit Brice Hortefeux. Parmi les mesures arrêtées lors de la réunion de l'Elysée, il a également annoncé que dix inspecteurs des impôts seraient chargés de contrôler la situation des occupants des camps illégaux.
Autre mesure, Paris proposera à Bucarest que des policiers roumains puissent venir en France et inversement. Lors d'une courte déclaration, le ministre de l'intérieur a estimé que de nombreux Français étaient «surpris on observant la cylindrée de certains véhicules» qui tractent les caravanes.
Enfin, Brice Hortefeux a assuré que le gouvernement allait poursuivre le développement des aires d'accueil, ce qui correspond à une revendication des associations de soutien aux gens du voyage. «66% de celles qui étaient prévues par la loi de 2000 sont d'ores et déjà financées et l'effort sera donc poursuivi», a-t-il dit.
Eviter les «amalgames»
Nicolas Sarkozy a souhaité pour sa part que tout soit mis en oeuvre «pour éviter le risque d'un amalgame injuste entre les délinquants et la majorité des gens du voyage.»
Le chef de l'Etat avait convoqué cette réunion controversée pour examiner les «problèmes que pose le comportement de certains» parmi les Roms et les «gens du voyage» après des violences survenues il y a une dizaine de jours dans le centre de la France. Une gendarmerie avait été attaquée et des dégradations commises après la mort d'un jeune Tsigane tué par un gendarme au cours d'une course-poursuite.
Les «gens du voyage» représentent au total environ 400'000 personnes en France. 95% d'entre eux sont français et un tiers nomades. Les Roms, qui sont des Tziganes de nationalité roumaine, bulgare et d'Europe centrale, forment une minorité.
La réunion sur «les problèmes que posent le comportement de certains ressortissants des communautés au regard de l'ordre public et de la sécurité», a été dénoncée par l'opposition et les associations, qui y voient une stigmatisation. (ats)