Un «casse-toi pauvre con» qui coûte cher

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Nicolas SarkozyUn «casse-toi pauvre con» qui coûte cher

Une amende de 1000 euros a été requise contre un chômeur de Laval (France). L'homme avait brandi une pancarte avec l'inscription «casse toi pov'con» sur le passage du président de la République.

La phrase prononcée par Nicolas Sarkozy à un visiteur lors du Salon de l'agriculture en février dernier, a valu à Hervé Éon de comparaître jeudi devant le tribunal correctionnel de Laval pour «offense au président de la République».

L'homme, un militant pour la République sociale avait exhibé une pancarte sur laquelle était écrit «Casse toi pov'con» au passage de la voiture du chef de l'État.

1000 euros d'amende

Le tribunal a requis 1000 euros d'amende contre le prévenu. «Lorsqu'on insulte le président, on insulte l'institution», justifie le procureur de la République de Laval. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 6 novembre prochain.

«Je ne suis pas un voyou, je n'injurie personne», s'est défendu Hervé. «La citation était destinée à celui qui voulait bien la prendre pour lui».

Rappel des faits

Le 28 août dernier, le président de la République française était à Laval pour annoncer la mise en place du Revenu de solidarité active.

Hervé Éon se rendait à vélo à la manifestation organisée contre Nicolas Sarkozy à cette occasion. Le militant tenait sous sa veste une pancarte faisant référence à l'injure présidentielle lors du Salon de l'agriculture à Paris.

Mais Hervé est rapidement repéré et interpelé par deux policiers en civil. «Un policier m'a lâché le bras au moment ou j'ai vu une voiture immatriculée 75 avec les vitres fumées. J'ai alors brandi ma pancarte», raconte le militant.

Hervé est alors emmené au poste de police. A sa sortie, il est convoqué à comparaître devant le tribunal pour offense au président de la République.

Jusqu'à 7500 euros d'amende

D'après le code pénal français, l'outrage est passible d'une amende de 7500 euros et d'une peine de prison de 6 mois. Le procureur a fait savoir sur les ondes de la radio Europe 1, qu'il requérait une amende de 1000 euros. «Lorsqu'on insulte le président, on insulte l'institution» a déclaré le procureur pour justifier une peine jugée sévère sur les bancs du tribunal.

Le sénateur du PS, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une «surenchère monarchique». Depuis le début de l'année, les procès pour outrage au président de la République se multiplient. «C'est totalement absurde. Jamais Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac n'y ont eu recours», a-t-il assuré.

Pas de base juridique

Pour Me Dominique Noguères, l'avocate d'Hervé Éon, il n'y a «pas de base juridique» pour accuser son client. «Le délit d'offense n'est pas constitué», assure-t-elle. L'avocate fait également savoir qu'il n'y a «pas de plaignant dans l'affaire», le parquet de Laval ayant engagé des poursuites contre Hervé à sa propre initiative.

Le fameux «casse toi pov'con» de Nicolas Sarkozy

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