Liban / SyrieUn aller simple pour l'Etat islamique, s'il vous plaît
Un bus relie régulièrement le Liban à la Syrie, un des trajets les plus dangereux du monde. La majorité des passagers monte à bord du car dans le but de rejoindre le groupe Etat islamique.
A première vue, il s'agit d'un bus comme tous les autres. Mais le véhicule - dont le pare-brise est fissuré à plusieurs endroits - n'a rien de banal. Le car relie régulièrement Beyrouth, au Liban, à Raqqa, le fief du groupe Etat islamique en Syrie. Et les gens alignent les billets pour pouvoir monter à bord. La grande majorité n'achète qu'un billet simple. Les personnes ne savent souvent pas si elles reviendront un jour, écrit vendredi un reporter de CNN.
Le voyage dure 24 heures et passe par Damas et Palmyre avant d'arriver à sa destination finale: Raqqa. Le bus relie Beyrouth à Raqqa depuis de nombreuses années. Et à chaque fois, toutes les places sont occupées.
Du parfum pour masquer l'odeur de nicotine
Avant le départ, plusieurs passagers fument leur dernière cigarette. Non pas parce qu'ils sont nerveux, mais parce que les cigarettes - tout comme la musique d'ailleurs - sont interdites par l'EI. Toute personne qui viole une règle édictée par le groupe de jihadistes risque d'être fouettée voire même abattue. Afin de ne pas se faire remarquer dès le premier jour, les fumeurs embaument leurs doigts de parfum durant le voyage pour masquer l'odeur de la nicotine. Les chansons, photos et contacts sont effacés des téléphones portables.
Selon CNN, plusieurs femmes se trouvent également à bord du car. Elles doivent respecter des règles très strictes quant à leur habillement. «Les femmes doivent toujours être accompagnées d'un membre masculin de leur famille», a raconté l'organisateur du voyage au média américain. Les hommes, eux, doivent laver leur barbe avant de partir et n'ont pas le droit de porter des pantalons trop serrés.
Selon l'organisateur, le trajet est très dangereux: «Un avion de combat pourrait larguer une bombe à proximité du car. C'est normal!» A son retour, le véhicule est souvent vide. La raison: l'Etat islamique ne laisse partir que très peu de personnes.