EgypteAbusée «par des animaux» sur la place Tahrir
Une journaliste britannique a été agressée par des individus au comportement sauvage sur la place centrale du Caire, dimanche dernier, jour du résultat de l'élection présidentielle. Elle raconte.
Natasha Smith a vécu un calvaire dimanche dernier au Caire. Cette journaliste britannique de 22 ans affirme avoir été violemment agressée sur la place Tahrir, pendant que des milliers d'Egyptiens fêtaient les résultats de l'élection présidentielle.
Sur son blog, elle a entrepris la douloureuse démarche de raconter ce qui lui était arrivé. Le billet s'intitule «S'il vous plaît, mon Dieu, faites cesser cela». Elle décrit ses agresseurs comme un «groupe d'animaux».
«Comme de la viande fraîche au milieu de lions»
Présente en Égypte pour un documentaire sur les droits des femmes, Natasha Smith était accompagnée d'un ami. Mais elle s'est rapidement retrouvée seule. Encerclée par un groupe, elle explique ensuite se souvenir d'avoir été «ballotée comme de la viande fraîche au milieu de lions affamés». Le groupe d'agresseurs l'aurait déshabillée puis griffée avant de lui toucher les seins et même de tenter de la pénétrer avec leurs doigts, relaie le site de «Paris Match».
«J'ai crié. Je réalisais ce qui se passait. Je n'en revenais pas de m'être retrouver dans une telle situation», poursuit-elle. Un ami est cependant parvenu à la sortir du groupe et l'a emmenée dans une tente médicalisée à proximité où elle a été soignée et voilée. Ses agresseurs, qui la cherchaient, ont attaqué la tente dans laquelle elle se trouvait. «Heureusement, les gens présents à l'intérieur ont fait barrage avec des chaises et des tables.»
Des précédents
La situation des femmes, particulièrement lorsqu'elles sont occidentales, est difficile en Egypte. En février 2011, Lara Logan, journaliste pour la chaîne américaine CBS, avait été battue et agressée sexuellement alors qu'elle couvrait les célébrations sur la place Tahrir le jour de la démission d'Hosni Moubarak.
Cependant, les femmes égyptiennes sont aussi la cible de violences. En juin 2011, l'armée avait fait scandale en imposant des tests de virginité à des manifestantes arrêtées sur la place Tahrir. En décembre 2011, toujours au même endroit, les forces de l'ordre égyptiennes s'étaient livrées à des exactions. Dans une vidéo, on les voyait tabasser et dévêtir une femme voilée.