«C'est un agitateur qui représente peu de monde»

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Fribourg«C'est un agitateur qui représente peu de monde»

Le président de l'Union vaudoise des musulmans s'insurge contre
la médiatisation de l'islamiste radical Nicolas Blancho.

Frédéric Nejad Toulami
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Frédéric Nejad Toulami

Le Biennois Nicolas Blancho, 31 ans, fait une nouvelle fois parler de lui en Suisse. En tant que directeur du Conseil central islamique suisse (CCIS), il a demandé à la préfecture de la Sarine (lire ci-dessous) une autorisation pour la tenue d'une conférence dans le cadre de l'assemblée générale annuelle du CCIS, qui devrait avoir lieu à Granges-Paccot (FR) le 29 novembre. Parmi les orateurs étrangers invités, deux individus soupçonnés de propager des idées islamistes suscitent une ­certaine méfiance. Si Nicolas Blancho a annoncé vendredi que l'un d'eux est finalement déprogrammé, l'autre, un Marocain prêchant à Berlin, est toujours convié.

«C'est le travail des autorités suisses de vérifier et d'investiguer», souligne Pascal Gemperli. Président de l'Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM), il critique les prises de position et les actions du CCIS, «qui ne contribuent ni à la paix sociale ni à la tranquillité nécessaire» en Suisse pour la compréhension interreligieuse. «Nicolas Blancho crée la polémique et donne une image agressive de l'islam, regrette Pascal Gemperli. Que veut dire «modéré»? On peut être barbu et pratiquant tout en étant modéré.» Et de rappeler ce qui définit la ligne rouge en la matière: le cadre légal. «Blancho est un agitateur, un provocateur qui représente peu de musulmans, mais il est très visible dans les médias. Alors que la structure sociétale harmonieuse au sein de la majorité ne l'est pas...»

Converti à l'islam à 16 ans, il a notamment cautionné la lapidation

Le trentenaire n'en est pas à son coup d'essai. En 2012, Blancho avait invité un prédicateur saoudien à l'assemblée générale du CCIS à Fribourg. Mais l'Office fédéral des migrations avait alors refusé l'entrée en Suisse de lindividu. Converti à un islam sunnite rigoriste à l'âge de 16 ans, le Biennois avait notamment cautionné publiquement, en 2010, la lapidation comme châtiment. Préfet de la Sarine, Carl-Alex Ridoré a précisé hier que son analyse de la situation était en cours. Il attend encore les pré­avis de la police et des services fédéraux de renseignements.

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