Aire pour gitans minée par des tensions entre clans

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NeuchâtelAire pour gitans minée par des tensions entre clans

Pas évidente, la cohabitation entre gens du voyage: à peine rouvert,
un espace est boudé et les squats sauvages prolifèrent.

Francesco Brienza
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Francesco Brienza
Des nomades étaient installés à Bevaix (NE), lundi.

Des nomades étaient installés à Bevaix (NE), lundi.

photo: Leser-Reporter/Lecteur reporter

Elle devait soulager les propriétaires qui reçoivent la visite non désirée de cortèges de caravanes depuis le début de l'été. Rouverte fin juillet par le Conseil d'Etat neuchâtelois, la place d'accueil pour gitans de la Vue-des-Alpes fait un flop. Ce week-end, elle n'était qu'à moitié occupée. Dimanche, plusieurs utilisateurs l'ont même quittée pour investir illégalement un autre terrain. Selon la police, citée par arcinfo.ch, il existerait des tensions entre les différentes familles sur place. Mais un décès naturel dans un clan aurait aussi précipité ce départ.

Ancienne préfète vaudoise spécialisée dans la négociation avec la communauté, Pierrette Roulet-Grin confirme que les problèmes de cohabitation ont toujours existé entre gitans d'origine étrangère. «Chacun a son mode de vie, son corps de métier, explique-t-elle. Ils leur est difficile d'accepter d'éventuels voisins. Un phénomène qui n'existe pas avec les Yéniches suisses, qui ne fréquentent de toute façon pas les mêmes espaces.» Résultat: à Bevaix, plus de trente caravanes sont garées près de l'autoroute, sur un terrain pas prévu à cet effet. A Cornaux, une vingtaine sont tolérées jusqu'à dimanche par un agriculteur, après avoir été chassées de Saint-Blaise, de Cressier et du Landeron, rapporte la radio RTN. Un travail fastidieux pour la police, qui a déjà exprimé son agacement.

Contactées, ni les forces de l'ordre, ni les autorités politiques n'ont tenu à commenter la situation.

«La solution passe par une répartition» Ces dernières années, la Suisse romande a perdu deux places d'accueil: celle de Payerne (VD) en 2014, et celle de la Vue-des-Alpes, disparue fin 2015 après une série de déprédations, mais qui vient de rouvrir en urgence pour faire face à l'afflux de nomades cet été. «Or, en fermant des aires, la cohabitation ne peut qu'empirer, note Pierrette Roulet-Grin. L'idéal serait de répartir les populations et de les faire tourner de manière à éviter les conflits.»

«La solution passe par une répartition» Ces dernières années, la Suisse romande a perdu deux places d'accueil: celle de Payerne (VD) en 2014, et celle de la Vue-des-Alpes, disparue fin 2015 après une série de déprédations, mais qui vient de rouvrir en urgence pour faire face à l'afflux de nomades cet été. «Or, en fermant des aires, la cohabitation ne peut qu'empirer, note Pierrette Roulet-Grin. L'idéal serait de répartir les populations et de les faire tourner de manière à éviter les conflits.»

«La solution passe par une répartition» Ces dernières années, la Suisse romande a perdu deux places d'accueil: celle de Payerne (VD) en 2014, et celle de la Vue-des-Alpes, disparue fin 2015 après une série de déprédations, mais qui vient de rouvrir en urgence pour faire face à l'afflux de nomades cet été. «Or, en fermant des aires, la cohabitation ne peut qu'empirer, note Pierrette Roulet-Grin. L'idéal serait de répartir les populations et de les faire tourner de manière à éviter les conflits.»

L'Etat à la rescousse des terrains visités

En 2013, le Canton de Vaud a musclé son approche avec les installations illégales de gitans. Il a octroyé la compétence aux préfets de signer un ordre d'évacuation immédiat. Depuis, Vaud a été épargné, au contraire de ses voisins, qui s'en remettent pour leur part tous à la justice et ses lenteurs. A noter enfin qu'une première aire d'accueil officielle sera inaugurée à Fribourg en 2017. Les nomades cohabiteront avec des poids-lourds sur l'A12, entre Bulle et Châtel-Saint-Denis.

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