Berne a émis des réserves sur la nomination de Naim Mala

Actualisé

Ambassadeur du Kosovo en SuisseBerne a émis des réserves sur la nomination de Naim Mala

Berne a exprimé des réserves sur la désignation de Naim Mala comme ambassadeur du Kosovo en Suisse, a-t- on appris jeudi.

Le gouvernement de Pristina avait proposé le nom de ce réfugié politique en Suisse le 29 août.

«Nous avons envoyé à deux reprises à l'ambassade de Suisse au Kosovo une lettre demandant d'accréditer Naim Mala», a déclaré jeudi à l'ATS la porte-parole du ministère kosovar des Affaires étrangères, Albana Beqiri.

«L'ambassade nous a répondu que Naim Mala n'était pas leur préféré», a-t-elle ajouté, confirmant des informations parues mercredi dans les journaux kosovars «Bota Sot» et «Koha Ditore». Selon elle, le représentant suisse à Pristina n'a pas donné de raisons.

Des difficultés

A Berne, un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé en fin d'après-midi que Berne a émis des réserves. «Nous avons indiqué que la double nationalité de Naim Mala pouvait conduire à des difficultés en matière d'immunité diplomatique», a déclaré Jean-Philippe Jutzi.

«Plusieurs échanges ont eu lieu par l'intermédiaire de l'ambassade de Suisse à Pristina», a-t-il ajouté. Il a précisé qu'une rencontre a encore eu lieu jeudi matin et qu'à cette occasion la Suisse a fait savoir qu'elle reste ouverte à une demande d'accréditation de Naim Mala, si Pristina le souhaite.

Le dossier sera examiné sur le plan juridique seulement lorsque la demande d'agrément sera parvenue à Berne. Le DFAE précise qu'il est très rare que le nom proposé par un Etat pour un poste d'ambassadeur en Suisse soit refusé. Mais M. Jutzi affirme qu'il n'y a pas de dossier de police contre M. Mala.

Proche du premier ministre Hashim Thaçi, Naim Mala (ou Malaj, selon les orthographes) vit à Genève. Né en 1968 au Kosovo, il a été arrêté à 16 ans et a passé quatre ans en prison pour délit d'opinion de 1984 à 1988.

Venu en Suisse en 1990, il a obtenu le statut de réfugié politique deux ans plus tard. Naim Mala a été assistant social à l'Université populaire albanaise (UPA) et travaille actuellement à l'Hospice général à Genève.

Nationalité suisse

Il a reçu la nationalité suisse en 2004. Interrogée sur le fait de savoir si la double nationalité est un obstacle à sa nomination, une autre porte-parole du DFAE, Nadine Olivieri, a répondu que non.

La Convention de Vienne prévoit néanmoins dans son article 38 que les immunités et privilèges diplomatiques d'une personne déjà résidente dans le pays ou ayant sa nationalité sont restreintes à ses actes officiels comme ambassadeur, ce qui peut poser des difficultés.

Pendant la guerre en 1990, Naim Mala a soutenu la lutte du parti de Thaçi, l'UCK. Il aurait notamment aidé à recueillir en Suisse des fonds pour ce parti, luttant alors pour la libération du Kosovo de l'occupant serbe. Dans des déclarations à différents medias, il a nié avoir entrepris une activité illégale sur le territoire suisse.

Le Kosovo doit ouvrir une ambassade à Berne d'ici la fin de l'année. La Suisse a reconnu l'indépendance du Kosovo le 27 février, ce qu'ont fait jusqu'ici 46 pays. La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey avait inauguré le 28 mars l'ambassade de Suisse à Pristina.

(ats)

Ton opinion