SchwytzEn Suisse depuis 43 ans, il ne sera pas naturalisé
Irving Dunn, 75 ans, est un professeur de l'EPFZ à la retraite. Lundi soir, sa naturalisation a été rejetée par les autorités du district d'Einsiedeln (SZ), car il ne serait pas assez intégré. Il compte se battre.

Le professeur est arrivé en Suisse il y a 43 ans. Il a enseigné à l'EPFZ pendant 30 ans.
Douze demandes de naturalisation étaient étudiées lundi soir par l'Assemblée du district d'Einsiedeln (SZ). Une seule a reçu une réponse négative: celle d'Irving Dunn, révèle mercredi le «Tages-Anzeiger». Cet Américain de 75 ans est arrivé en Suisse il y a quarante-trois ans et vit depuis trente-neuf ans dans le canton de Schwytz. Il est marié et a trois enfants. Pendant trente ans, il a été enseignant et chercheur en ingénierie chimique à l'EPFZ. Parlant correctement l'allemand, Irving Dunn est aussi membre des clubs de tennis et de voile locaux.
Comme tous les candidats au passeport suisse de la région, l'Américain a été soumis à un test de langue et de connaissance de la Suisse. Mais l'Assemblée a suivi l'avis de la commission des naturalisations du district, qui s'est prononcée en décembre dernier. Selon elle, Irving Dunn ne connaît pas assez sa région et n'est pas assez intégré. Concrètement, il n'a pas été en mesure de citer l'entier des six communes du district et n'a pas pu nommer d'amis dans la région.
«Injustice»
«Toute cette histoire est ridicule et injuste», s'insurge Irving Dunn dans les colonnes du quotidien zurichois. «Je n'ai jamais contracté de dettes. J'ai trois enfants qui sont nés et ont grandi en Suisse et ma fille aînée est enseignante à l'école primaire. Si ce n'est pas de l'intégration, je ne comprends plus ce monde.»
En ce qui concerne ses relations avec des autochtones, le professeur retraité explique ne pas avoir compris la question: «Je pensais qu'il s'agissait d'amis proches. Bien sûr que j'ai des amis au tennis ou au club de voile.»
Enfin, les autorités soupçonneraient Irving Dunn de vouloir devenir Suisse uniquement pour se soustraire au fisc américain. «Ils sont gonflés! s'énerve-t-il. Je vais garder mon passeport américain et continuer de payer des impôts aux Etats-Unis. Pour moi, le passeport suisse, c'est la dernière étape de mon intégration, rien de plus», conclut le chimiste, qui va déposer un recours auprès du Tribunal administratif cantonal schwytzois.