LausanneDure réalité pour les stagiaires historiens de l'art
Main-d'œuvre quasi gratuite, les étudiants de cette discipline font de plus en plus de sacrifices pour démarrer leur carrière. Les musées parlent de «formation».
Le Musée de l'Elysée, à Lausanne, compte une dizaine de stagiaires, pour 34 employés. Leur tâche: archivage, préparation d'expositions, rédaction de communiqués. Le tout, parfois, sans être payés... Pour l'Union syndicale suisse (USS), il s'agit clairement d'abus.
«Nous recevons de plus en plus de plaintes de stagiaires, explique Véronique Polito, chargée du dossier formation à l'USS. Mais que la pratique concerne une entité étatique est d'autant plus scandaleux!» Directeur du musée, Sam Stourdzé affirme recevoir beaucoup de demandes.
«Nous proposons une formation pratique, cela demande du temps de la part du personnel.» Opportunité pour entrer dans le monde du travail, «les stages peuvent conduire à des situations précaires», explique Andreas Rüfenacht. Pour le président de l'Association suisse pour la relève en histoire de l'art, ce paradoxe hante nombre de jeunes spécialistes. Selon lui, bien des musées n'auraient «pas assez d'argent pour payer des postes supplémentaires».
Même son de cloche du côté du Service des affaires culturelles vaudois. «Il faut offrir un cahier des charges concret pour coller à la réalité», note Nicolas Gyger, adjoint de la cheffe du service. «Alors pourquoi ne pas bien rémunérer ces jeunes, très spécialisés?» demande Andreas Rüfenacht. «Des discussions sont en cours pour débloquer un tel budget l'an prochain», annonce Nicolas Gyger.