Hildebrand ne doit pas toucher de salaire

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Affaire HildebrandHildebrand ne doit pas toucher de salaire

L'UDC exige le départ de l'ancien patron de la BNS sans qu'il ne touche douze mois de salaire, comme cela est prévu.

Le parti de Christoph Blocher refuse que Philipp Hildebrand touche une année de salaire, soit près d'un million de francs, alors qu'il a enfreint des dispositions légales, note un communiqué de l'UDC publié jeudi. Le président de la BNS avait démissionné de sa fonction lundi dernier.

En achetant des actions d'entreprise suisses, un fait qui n'est plus contesté par personne, écrit l'UDC, Hildebrand a enfreint aussi bien le règlement sur les opérations en nom propre de la BNS que la norme pénale sur le délit d'initié.

N'importe quel simple employé de banque qui commettrait un tel acte serait licencié avec effet immédiat et poursuivi pénalement. Ce principe doit s'appliquer, à plus forte raison s'il s'agit du premier banquier du pays.

Le recrutement des employés de banque sur la sellette

Extrait de casier judiciaire, inspection de facebook et tests de personnalité. Les banques n'ont pas attendu l'affaire Hildebrand pour examiner les employés de banque sous toutes les coutures avant un recrutement. Mais les méthodes restent largement secrètes.

L'employé licencié par la banque Sarasin après avoir divulgué des données confidentielles sur l'ex-président de la Banque nationale suisse Philipp Hildebrand n'a pas seulement violé le secret bancaire. Il a manifestement agi par conviction politique, ce qui pose la question de sa sélection.

Interrogée jeudi par l'ats, la banque Sarasin refuse de prendre position. L'UBS, les cabinets de conseil KPMG ou Ernst & Young ne sont pas plus locaces.

Selon l'Association suisse des banquiers, il n'y a pas de pratique unifiée en matière de recrutement des employés. Les établissements ont une clientèle différente et divers portefeuilles, a expliqué sa porte-parole Sindy Schmiegel Werner. «On ne peut pas mettre les grandes banques et Raiffeisen dans le même panier».

Tests de personnalité

La banque Raiffeisen indique que ses collaborateurs ayant accès à des données sensibles doivent se soumettre à des tests de personnalité écrits, en plus des entretiens. Les candidats doivent également produire un extrait de casier judiciaire.

La question des affinités politiques est interdite et taboue. «Cette fois-ci, il s'agissait d'un sympathisant de l'UDC, la prochaine fois ce sera peut-être quelqu'un de gauche», commente le porte-parole de Raiffeisen Franz Würth.

Recherches approfondies

Un chasseur de tête confie quelques informations supplémentaires. Selon Oliver Traxel, de l'agence Wilhelm Kaderselektion, un durcissement de la sélection s'observe depuis quelques mois.

A son avis, de nouvelles procédures se sont imposées après le vol de données bancaires à la banque Julius Bär. Depuis, certains établissements font des recherches approfondies. Elles engagement à cet effet des enquêteurs privés qui examinent les médias sociaux comme Facebook et Twitter, guettant des informations économiques.

Les curriculum vitae sont de plus en plus examinés sous l'angle du respect des règles, de la loi et des directives. Si la demande d'un extrait de casier judiciaire est usuel depuis longtemps, la question des appartenances politiques est taboue, confirme-t-il.

Intérêts politiques

Pour M. Traxel, il aurait été «absolument impossible» de savoir au préalable que l'employé informatique de Sarasin était un voleur de données potentiel. Mais pour cette catégorie de personnel bancaire, il est courant de limiter les droits d'accès afin que seul un petit nombre ait accès à des données sensibles: «la tentation est trop grande».

Les banques qui n'agiraient pas risqueraient de se trouver confrontées à de nouveaux cas, avertit le chasseur de tête. L'argent promis aux voleur ne doit pas être sous-estimé. «Les intérêts politiques sont désormais aussi un facteur qui entre en jeu.» (ap)

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