Le PS veut éviter une crise du logement

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Flambée des prixLe PS veut éviter une crise du logement

Le Parti socialiste monte au créneau pour garantir «des logements abordables pour tous».

Une «flambée des prix» touche une grande majorité de la population, a souligné Christian Levrat.

Une «flambée des prix» touche une grande majorité de la population, a souligné Christian Levrat.

Il est urgent d'agir pour éviter une crise du logement, ont souligné lundi à Berne des représentants du PS. L'Etat doit jouer un rôle régulateur pour barrer la route à la spéculation financière.

En matière de logement, une «flambée des prix» touche une grande majorité de la population, a souligné Christian Levrat, président du PS. Les familles, en particulier, ne trouvent pratiquement plus à se loger. Et si rien n'est entrepris, la Suisse devra faire face à «une érosion sociale», à «la constitution d'un apartheid sur le marché du logement».

«Les pouvoirs publics doivent contrôler, réglementer, dicter les règles du jeu pour en finir avec la spéculation féroce qui se livre autour du prix du loyer», estime Sandrine Salerno, maire socialiste de Genève. La pénurie de logement qui s'aggrave montre qu'en préservant les intérêts privés, les politiques libérales ont échoué, selon la responsable du département genevois des finances et du logement.

Libre circulation pas «accompagnée»

Aujourd'hui déjà, le loyer constitue la première rubrique du budget des ménages helvétiques et ils ne cessent d'augmenter: ces dix dernières années, les loyers en vigueur dans les villes et les agglomérations ont augmenté de quelque 60%. Le coût d'un logement en copropriété a même augmenté de 80%. Les logements sont devenus une denrée rare et, comme les propriétaires cherchent à maximiser leurs rendements, le marché est sujet à spéculation, selon le PS.

Cette tendance s'est aussi renforcée en raison de l'attraction grandissante des centres urbains, là où s'installent la majorité des employés très qualifiés en provenance des pays de l'Union européenne. Pour autant, aux yeux des socialistes, la libre circulation des personnes ne saurait être tenue responsable des loyers élevés et de l'exode vers les villes. Ces dernières années, la libre circulation a bien plutôt contribué au développement de la croissance. Seulement, le Conseil fédéral s'est refusé à lui adjoindre des mesures d'accompagnement spécifiques au marché du logement. Les socialistes reviendront à la charge en déposant une interpellation urgente lors de la session de printemps en cours.

Législation fédérale

A Zurich, le PS cantonal vient de lancer une initiative populaire qui demande que les communes, dans le cadre de leur plan de zones, prévoient de réserver une partie de celles affectées tout ou partie à l'habitation à des logements dont les loyers sont fixés sur la base des coûts. A Genève, Lausanne et Berne plusieurs projets socialistes visent également à densifier «le bâti social» et à enrichir le parc immobilier public des villes. Mais le PS estime nécessaire une législation fédérale impérative pour renforcer la taxation de la plus-value à chaque modification du caractère d'une zone. Il faut également faire baisser le coût du logement et découpler les loyers de l'évolution des taux hypothécaires tout en délimitant clairement les investissements qui augmentent la valeur d'un bien et ceux qui ne visent qu'à la maintenir en l'état. (ap)

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