ImmigrationLe projet du Conseil fédéral rend l'UDC furieuse
Le projet du Conseil fédéral pour mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse a suscité vendredi la colère de l'UDC.
Avec le retour des contingents, le gouvernement provoque Bruxelles. Pour le PDC et le PLR, le gouvernement est cohérent avec la volonté du peuple. La gauche redoute une politique discriminatoire.
Pour l'UDC, le projet du Conseil fédéral pour mettre en oeuvre son initiative contre l'immigration de masse est inacceptable. Le gouvernement entend ouvrir des négociations avec l'Union européenne avant même d'avoir réglé les questions internes que posera la future loi en Suisse.
Le Conseil fédéral a en déjà effet annoncé un mandat de négociations avec l'Union européenne pour l'automne, alors qu'il doit présenter à la fin de l'année un projet de loi pour la mise en oeuvre concrète de l'initiative. «Cela montre bien qu'il n'est pas sérieux», commente le parti.
Bilatérales remises en cause
Des négociations avec l'UE ne peuvent avoir lieu qu'après que la mise en oeuvre de l'initiative a été clarifiée sur le plan politique suisse, écrit l'UDC. Avec son projet, le Conseil fédéral entend pousser Bruxelles vers le niet afin de pouvoir présenter par la suite la libre circulation des personnes dans le cadre d'un accord-cadre.
Les contingents et la préférence nationale ne sont effectivement pas compatibles avec la libre circulation des personnes, constate également le Nouveau mouvement européen suisse (NOMES). Selon lui, «Tout le paquet des bilatérales I est à nouveau remis en question».
Cohérent mais douloureux
Même si le gouvernement a repris certains points du concept de l'UDC, le parti conservateur exige déjà des correctifs substantiels. Il cite par exemple la limitation urgente du regroupement familial ou l'accès restreint aux services sociaux.
Pour le PDC, le projet gouvernemental est cohérent mais douloureux. Il applique à la lettre la volonté du peuple, ce que le PDC a toujours demandé. Mais le retour des contingents entraînera un énorme surcoût pour les PME. Le projet promet une réaction forte de Bruxelles mais aussi de l'économie suisse, prévoit Christophe Darbellay. Il importe que les accords bilatéraux puissent être maintenus.
Le PLR soutient également le concept général du gouvernement. Pour le parti, il faut appliquer la volonté du peuple qui entend gérer la migration de façon indépendante. Dans ce contexte, il ne faut pas confondre les négociations liées à la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration de masse et celles pour le maintien des bilatérales. Le PLR va lutter pour préserver la voie bilatérale.
Il reste cependant très critique face à l'absence de courage concernant les restrictions possibles, hors-UE, en matière de regroupement familial des Etats-tiers et de mesures dans le domaine de l'asile.
Baisse des salaires en perspective
Le retour des contingents pour les séjours promet de lourdes conséquences pour l'économie, estiment les socialistes. Impossible d'accepter en l'état une mise en oeuvre de l'initiative sur le dos des travailleurs de courte durée. Car l'économie va devoir engager massivement des temporaires, ce qui sera la porte ouverte à la baisse sur les salaires.
Le gouvernement a décidé de ressortir des tiroirs le «vieux modèle bureaucratique des contingents», une solution inacceptable, selon les Verts.
Les Verts sont en revanche soulagés de voir que le Conseil fédéral a décidé de ne pas réintroduire le statut indigne de saisonnier. Mais le flou autour des restrictions du droit au regroupement familial et du droit d'asile inquiètent le parti. (ats)