Décès de Steve JobsLes fans se recueillent à New York
L'iPhone trône à l'horizontal entre deux roses posées à même le trottoir, à un mètre de la porte d'une boutique Apple de New York. L'écran du téléphone affiche: «We will miss you Steve Jobs».
Dès qu'il a appris le décès du cofondateur de la marque à la pomme, Gregory Littley a accouru au «Apple Store» de Soho, dans le coeur de Manhattan.
«J'ai vu sur Twitter qu'il était mort, mais j'étais sceptique parce qu'il n'y avait rien sur Google News», raconte à l'AFP ce trentenaire employé dans une start-up de ce quartier branché de la Grosse Pomme. Avec son collègue et ami, ils ont apporté des fleurs. Un hommage évident, explique-t-il: «Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus de gens qui fassent cela, ce gars est une légende».
Aux badauds et fans qui photographient ce mini mausolée avec leurs BlackBerry, il répète: «Vous n'avez pas plutôt Instagram?», une célèbre application photo de l'iPhone.
A l'intérieur, rien ne traduit l'émotion suscitée par la mort, à 56 ans, de celui qui a révolutionné l'informatique en érigeant depuis un garage de San Francisco un empire devenu l'une des plus grosses entreprises cotées au monde, au coude à coude avec ExxonMobil.
Amaya, une employée de la boutique Apple: «Ca fait vingt minutes. Personne ne nous l'a dit», explique la jeune fille vêtue d'un tee- shirt bleu, comme tous les vendeurs et techniciens de ces magasins devenus, pour certains geeks, un temple de la technologie.
Mutisme chez Apple
Gênée de briser les consignes de mutisme données par la direction de la société, elle confie: «C'est la fin d'une époque. Vraiment». Avant de s'empresser de rajouter: «Mais on a une super équipe à la tête, j'ai confiance».
Encore en tenue de sport, Scott Barsky, un étudiant, résume: «C'est la plus grande entreprise américaine, c'est fantastique ce qu'il a fait. Regardez!», dit-il en désignant la vaste boutique au design épuré.
«Mon collègue m'a appelé pour me le dire. Je n'y ai pas cru, je croyais que c'était une blague... C'est tellement ironique», lâche Lamont Dawson, venu passer des vacances à New York. «On vient de la baie de San Francisco, «pas loin de Cupertino», la ville californienne où Apple a établi son siège.
Devant la boutique de la 5e avenue, au sud de Central Park, des visiteurs ont déposé deux gros bouquets devant les panneaux qui recouvrent les parois du cube en verre bien connu des touristes, en rénovation.
Les dates clés de l'entreprise
1976: Steve Jobs et Steve Wozniak présentent le premier ordinateur Apple à Palo Alto, en Californie. L'appareil consiste alors principalement en une carte de circuit imprimé et coûte un peu moins de 700 dollars.
1977: L'Apple 2, le premier micro-ordinateur produit en série, remporte un succès immédiat.
1980: Apple entre en Bourse.
1983: Lisa, le premier ordinateur sur lequel apparaissent une souris pour la navigation, des icônes et des fichiers, est lancé. Son échec est attribué à son prix élevé, près de 10'000 dollars.
1984: Le Macintosh fait ses débuts. Il est abordable et propose plusieurs innovations dont un lecteur de disques et une souris
1985: Steve Jobs démissionne à la suite d'une lutte de pouvoir interne.
1986: John Sculley devient le président d'Apple. Steve Jobs crée l'entreprise d'informatique NeXT et achète à la société de production de George Lucas les studios d'animation Pixar.
1996: Apple achète NeXT et fait de Steve Jobs un conseiller.
1997: Steve Jobs reprend les commandes du groupe. Son concurrent Microsoft investit 150 millions de dollars dans l'entreprise.
1998: Steve Jobs transforme la chaîne de production d'Apple et lance l'ordinateur tout en couleur iMac pour 1300 dollars.
1999: L'iBook, présenté comme un iMac portable, est commercialisé.
2001: Apple lance le baladeur iPod pour 399 dollars et ouvre son premier magasin à Palo Alto.
2003: Apple ouvre sa boutique de musique en ligne iTunes.
2004: Steve Jobs subit une opération pour un cancer du pancréas.
2007: Apple fait une entrée en trombe sur le marché des téléphones multifonction avec l'iPhone.
2009: Steve Jobs prend un congé maladie de janvier à juin et subit une greffe du foie.
2010: Apple présente sa tablette iPad. Le groupe ravit en mai sa première place d'entreprise technologique en termes de capitalisation boursière à Microsoft.
2011: 17 janvier: Steve Jobs prend un congé maladie.
18 janvier: Apple fait état d'un bénéfice trimestriel record de 6 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires de 26,74 milliards.
2 mars: Steve Jobs fait une apparition surprise à la présentation du dernier iPad.
6 juin: Steve Jobs apparaît à nouveau à l'occasion du lancement du service gratuit de stockage de données en ligne iCloud.
19 juillet: Apple bat à nouveau son record de résultats financiers, annonçant un bénéfice trimestriel de 7,31 milliards de dollars pour 28,57 milliards de recettes.
9 août: Apple dépasse brièvement la capitalisation boursière du géant pétrolier ExxonMobil, la compagnie la plus chère au monde.
24 août: Steve Jobs démissionne de son poste de directeur général et est remplacé par Tim Cook. Steve Jobs devient président du conseil d'administration.
4 octobre: Tim Cook, le nouveau directeur général d'Apple présente l'iPhone 4S lors d'une conférence d'Apple marquée par l'absence de Steve Jobs.
5 octobre: Apple annonce le décès de Steve Jobs à l'âge de 56 ans.
(ats)
Steve Jobs laisse un groupe au faîte de sa puissance
Le groupe informatique Apple, orphelin de son légendaire président et co-fondateur Steve Jobs, décédé mercredi, n'a jamais été plus puissant qu'actuellement, notamment en termes financiers.
Mercredi soir, Apple se plaçait au 2e rang des entreprises pesant le plus lourd en Bourse, juste derrière le pétrolier ExxonMobil qu'il avait brièvement devancé quelques jours plus tôt - il pourrait bientôt passer en tête, car les analystes s'accordent voir une large marge de progression pour l'action. Elle a clôturé mercredi à 378,25 dollars, en hausse de 31% sur un an.
La performance est d'autant plus remarquable qu'Apple ne se classe qu'au 35e rang mondial pour le chiffre d'affaires annuel, tout de même plus que triplé en quatre ans pour atteindre 65,23 milliards de dollars pour l'exercice clos en septembre 2010.
Mais en termes de bénéfices, le groupe de Cupertino, au coeur de la Silicon Valley (Californie), est au 8e rang mondial, avec un résultat septuplé en quatre ans à 14,03 milliards de dollars.
Le PDG de Sony, rival d'Apple, regrette le décès de «l'étoile» Steve Jobs
Le PDG du fleuron japonais de l'électronique Sony a regretté jeudi le décès de «l'étoile» Steve Jobs qui restera selon lui une référence pendant des années.
«L'ère numérique a perdu son étoile, mais l'inventivité et la créativité de Steve vont continuer d'inspirer des générations de rêveurs et penseurs», a déclaré Howard Stringer, selon les propos rapportés par le groupe à Tokyo.
Sony, qui fut le premier à commercialiser un baladeur audio, le Walkman à cassette en 1979, s'était fait griller la priorité sur le volet numérique par Apple et son iPod en 2001.
Les deux groupes s'affrontent en outre depuis des années sur le volet des ordinateurs, des téléphones portables et des services destinés à alimenter en contenus multimédias ces différents appareils.
Barack Obama «attristé» salue en Steve Jobs un grand «visionnaire»
Barack Obama «attristé» salue en Steve Jobs un grand «visionnaire»
Le président américain Barack Obama a rendu hommage mercredi soir au «visionnaire» Steve Jobs, «l'un des plus grands inventeurs américains», a déclaré le président qui s'est dit «attristé» par la nouvelle de sa mort. Bill Gates regrette le départ d'un vieil ami.
«En bâtissant l'une des entreprises les plus prospères de la planète en démarrant dans son garage, il était l'exemple même de l'ingéniosité américaine», a ajouté M. Obama dans un communiqué.
Bill Gates, co-fondateur et président de Microsoft, a lui exprimé ses condoléances à l'annonce du décès. «Steve va me manquer énormément. Pour ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui, ça a été un honneur follement grand», a déclaré M. Gates, allusion à l'expression «insanely great» que se plaisait à utiliser M. Jobs.
«Le monde a rarement l'occasion de voir quelqu'un qui a eu le profond impact que Steve a eu, dont les effets vont se faire encore sentir pendant plusieurs générations», a ajouté Bill Gates. Il a rajouté qu'avec Steve Jobs il partageait une aventure commune de près de trente ans.
Mark Zuckerberg, fondateur et président de Facebook, a également fait part de ses condoléances. «Steve, merci d'être devenu un mentor et un ami. Merci d'avoir montré que ce que tu construis peut changer le monde. Tu vas me manquer», a-t-il indiqué sur Facebook.