Un demi-siècle de fouilles suisses en Erétrie

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GrèceUn demi-siècle de fouilles suisses en Erétrie

Pour célébrer son demi-siècle de recherches dans la ville d'Erétrie, l'Ecole suisse d'archéologie en Grèce (ESAG) organise des manifestations à Athènes et à Lausanne.

Depuis 50 ans, une équipe d'archéologues suisses fouille et étudie les vestiges de la ville d'Erétrie, située sur l'île grecque d'Eubée. Pour célébrer cet anniversaire, l'Ecole suisse d'archéologie en Grèce (ESAG) organise des manifestations à Athènes et à Lausanne.

Le 15 mai, le Musée de l'Acropole accueillera la première célébration, précise l'ESAG dans un communiqué lundi. Ce bâtiment emblématique, inauguré en 2009, est l'oeuvre des architectes suisse Bernard Tschumi et grec Michael Photiadis.

Le Secrétaire d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation Mauro Dell'Ambrogio, ainsi que le ministre hellénique de la culture formuleront les bons voeux de leurs gouvernements respectifs. Le directeur de l'Ecole Karl Reber et l'historien grec Angelos Chanitos placeront les recherches suisses à Erétrie en perspective.

Le vendredi 16 mai, un colloque réunissant des spécialistes de différents pays aura lieu, lui aussi au musée de l'Acropole. Il permettra de poursuivre la réflexion sur l'apport des fouilles suisses en Grèce.

L'un des grands moments de ce jubilé sera l'arrivée de Planet Solar sur les côtes d'Eubée. Le bateau suisse à propulsion solaire fera escale à Erétrie le 1er août, jour de la Fête nationale suisse. Une seconde célébration officielle est prévue le 21 novembre, à l'Université de Lausanne, où se trouve le siège de l'ESAG.

Une ville au rôle majeur

Erétrie est une des cités qui ont fait la grandeur de la Grèce antique. Elle a eu un rôle majeur dans la colonisation du monde méditerranéen et dans la diffusion de l'alphabet au VIIIe siècle av. J.C., puis dans la vie politique de l'époque classique.

De ce long passé, la ville a conservé d'importants vestiges: le théâtre, le sanctuaire d'Apollon, deux gymnases, des thermes, des quartiers d'habitations, un imposant mur d'enceinte. Les fouilles ont, de plus, révélé plusieurs chefs-d'oeuvres comme des vases et des sculptures.

Et les découvertes se poursuivent. Les archéologues ont récemment retrouvé des bains d'époque impériale romaine en fonction jusqu'au IIIe siècle ap. J.C.. Ils ont également repéré le probable site du sanctuaire d'Artémis Amarysia, à 12 kilomètres d'Erétrie.

Les étudiants suisses aussi à l'oeuvre

Les autorités archéologiques grecques ont donné en 1975 le titre d'Ecole suisse d'archéologie en Grèce à l'équipe helvétique. L'ESAG possède un appartement à Athènes avec bureaux, salles de conférence et chambres d'hôtes, ainsi qu'une maison de fouilles à Erétrie.

L'Ecole, dont le siège est à l'Université de Lausanne, est un lieu de formation et de recherche qui encourage la relève académique. D'ailleurs, des étudiants des universités suisses ont la possibilité de prendre part chaque année aux fouilles et aux études des vestiges et des trouvailles.

Organe de tutelle de l'ESAG, la Fondation de l'Ecole suisse d'archéologie en Grèce est présidée par l'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin. Son financement est assuré par des subsides du Fonds National Suisse de la recherche scientifique, de la Confédération suisse et des universités suisses, ainsi que par des dons de particuliers, de fondations et d'entreprises. (ats)

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