SuisseOn voit plus de musulmans qu'il y en a réellement
Les Suisses ont l'impression que la population musulmane est trois fois plus importante qu'elle ne l'est en réalité. Découvrez les résultats de notre sondage sur les grandes thématiques qui touchent les Suisses.

Début décembre, nous vous avons demandé votre avis sur les plus importantes questions politiques et sociétales en Suisse. Plus de 17'000 personnes ont participé au grand sondage thématique de Tamedia (lire encadré), éditeur de «20 minutes». Découvrez ici, point par point, les plus importants résultats.
Religion
Dans notre pays, près de la moitié des citoyens croient en une force supérieure (48%). Mais malgré ce taux élevé, peu d'entre eux se rendent dans un lieu de prières. Aucun des interrogés ne s'est rendu quotidiennement dans un tel lieu au cours de la dernière année. 4% y vont toutes les semaines, 6% une à deux fois par mois et 34% moins d'une fois par mois. Le taux des personnes ne se rendant jamais dans un lieu de culte s'élève même à 52%.
Si les participants au sondage ne se rendent pas souvent dans une église ou une mosquée, ils semblent en revanche plus assidus en terme de prières: 4% affirment prier plusieurs fois par jours et 10% quotidiennement. Reste tout de même à noter que la grande majorité des personnes questionnées ne prie jamais (57%).
A cours du sondage, les participants ont également été invités à évaluer le nombre de musulmans sur un total de cent habitants en Suisse. Le moyenne des réponses donne un taux de 17,2% alors que le taux réel (selon le recensement de la population de 2012) se situe à 5,8%. Les Suisses ont donc tendance à surévaluer le nombre de musulmans dans notre pays. Mais ils ne sont pas les seuls: selon une étude internationale, publiée en décembre 2016, les Français pensaient que les musulmans représentaient 31% de leur population alors qu'ils ne sont que 7,5% en réalité (selon des chiffres datant de 2010).
Economie
Depuis 2003, le chômage était le souci numéro 1 des Suisses, selon le baromètre des préoccupations de Credit Suisse, réalisé par l'institut gfs.bern. Or, pour la première fois en plus de dix ans, la préoccupation de ne pas avoir de travail ne se trouve plus en tête de classement. Elle a été détrônée cette année par la prévoyance vieillesse.
Et le sondage Tamedia semble confirmer cette tendance: seuls 15% des Suisses craignent de perdre leur job au cours des deux prochaines années. 78% des personnes interrogées affirment ne pas se faire de soucis à ce niveau-là.
Sans grande surprise, la crainte de perdre son emploi est plus marquée chez les 50 à 64 ans (22%) que chez les 18 à 34 ans (15%). La peur de se retrouver au chômage est également plus importante chez les personnes en possession d'un diplôme d'école obligatoire (20%) que chez celles ayant une formation universitaire (14%).
Société et communauté
En Suisse, près d'une personne sur cinq de plus de 15 ans oeuvre à titre bénévole dans une organisation, révélait début décembre la Croix-Rouge suisse (CRS). Le sondage Tamedia livre des résultats plus ou moins comparables: 35% des personnes sondées affirment en effet avoir fait du bénévolat en dehors du cercle familial au cours des quatre dernières semaines. Parmi elles, 20% s'engagent au sein d'une association sportive, 16% au sein du voisinage et 11% dans le domaine de la culture.
Interrogés sur le mariage pour tous ainsi que sur le droit d'adoption pour les couples homosexuels, près de la moitié des participants au sondage (45%) affirment approuver les deux. A l'inverse, 24% des personnes sondées rejettent tant le mariage pour tous que le droit à l'adoption pour les couples homos. A noter que le mariage pour tous semble faire davantage l'unanimité que le droit à l'adoption puisque 27% approuvent uniquement le mariage tandis que seul 1% des sondés approuve uniquement le droit à l'adoption pour les couples gays.
Les deux concepts sont davantage acceptés par les jeunes que les personnes âgées: 59% des 18 à 34 ans approuvent le mariage et le droit à l'adoption pour les homosexuels contre seulement 28% des plus de 65 ans. Sans grande surprise, les personnes sans religion approuvent bien plus largement le mariage et le droit à l'adoption (57%) que les personnes adeptes du christianisme (38%) et de l'islam (25%).
Prévoyance vieillesse
Le 24 septembre dernier, la Prévoyance vieillesse 2020 a été rejetée à 52,7% et son financement via un relèvement de la TVA de justesse par 50,1% des citoyens et la majorité des cantons. Plus de 20 ans après la dernière réforme, le conseiller fédéral socialiste Alain Berset a donc échoué à convaincre les citoyens avec son projet mastodonte.
Le sondage Tamedia montre que la thématique n'en est pas moins une source d'inquiétude au sein de la population: si une majorité relative de 49% pense pouvoir toucher une rente suffisante une fois à la retraite, 46% des interrogés craignent recevoir une rente trop petite. Les hommes sont un peu plus optimistes (53%) que les femmes (43%) tout comme les plus de 65 ans sont plus optimistes (70%) que les 18 à 34 ans (33%).
Mais malgré cela, les Suisses ne semblent pas prêts à vouloir augmenter l'âge de la retraite: 52% s'y opposent tandis que 15% approuvent une augmentation de l'âge de la retraite, mais au maximum d'un an.
Climat
Le changement climatique est considéré comme un grand ou plutôt grand problème pour la Suisse par 65% des interrogés. A l'inverse, 8% pensent que ce n'est pas un problème du tout. Le niveau de formation ne semble avoir aucune ou peu d'incidence sur les réponses.
Mobilité
La majorité de la population suisse est satisfaite des transports publics. En revanche, le Mobility Pricing, soit l'idée de rendre plus chère l'utilisation du rail et de la route aux heures de pointe, ne semble pas convaincre les Suisses: 82% des personnes interrogées sont contre.
Intégration et immigration
Trois personnes sur quatre estiment que les étrangers qu'elles connaissent sont bien intégrés.
L'immigration ne reste pas moins un sujet controversé: une petite majorité estime que l'immigration issue de l'Union européenne est trop élevée. En termes de politique d'asile, 53% estiment que la Suisse devrait être moins ouverte envers les réfugiés. 15% souhaiteraient une politique d'asile plus ouverte et 31% sont satisfaits de la situation actuelle.
Politique extérieure
A la question de savoir comment la Suisse doit se comporter vis-à-vis de l'Europe, une personne sur deux souhaite développer les voies bilatérales. 28% souhaitent maintenir le status quo. Et seuls 7% veulent entrer dans l'UE. Une majorité relative de 48% estime que la Suisse doit continuer à respecter les jugements de la Cour européenne des droits de l'homme. 45% trouvent que notre pays ne devrait plus le faire.
Sécurité
55% des personnes interrogées pensent qu'une attaque terroriste en Suisse est improbable, mais possible. A l'inverse, 27% des Suisses estiment que la menace est probable et 6% très probable.
Quelques informations sur le sondage
Quelques informations sur le sondage
Le sondage en ligne de Tamedia, éditeur de «20 minutes», a été réalisé entre le 5 et le 6 décembre 2017. Pas moins de 17'143 personnes issues de toute la Suisse y ont participé. Les politologues Lucas Leemann et Fabio Wasserfallen ont pondéré les réponses en fonction de variables démographiques, géographiques et politiques afin de correspondre le plus étroitement possible à la structure de la population suisse. La marge d'erreur est de 1,1%.