Jean-Claude Ruchet «plutôt surpris» de sa victoire

Actualisé

élection complémentaire à YverdonJean-Claude Ruchet «plutôt surpris» de sa victoire

La municipalité d'Yverdon-les-Bains (VD) bascule à gauche. Le candidat socialiste Jean-Claude Ruchet a obtenu dimanche la majorité absolue au premier tour.

Il devance la candidate radicale Pierrette Roulet-Grin de 236 voix. La participation atteint 36,14 %.

Au final, l'assistant social Jean-Claude Ruchet, 43 ans, gagne par 3335 voix contre 3099 pour la préfette Pierrette Roulet-Grin, 62 ans, la majorité absolue étant à 3253 voix. La gauche reconquiert ainsi la majorité à l'exécutif qu'elle avait perdue en 2001.

Double majorité

Les électeurs d'Yverdon-les-Bains devaient compléter l'exécutif après le départ du syndic radical Rémy Jaquier. A 57 ans, il va reprendre la direction de l'entreprise de son ex-associé décédé dans l'accident de car à Etroubles (Val d'Aoste) en octobre. La gauche est très légèrement majoritaire au législatif, avec 51 sièges sur 100.

Cette victoire au premier tour a surpris le premier intéressé. «On savait que ça allait être serré, mais en fin de compte 236 voix d'écart, c'est pas mal», juge Jean-Claude Ruchet qui prendra ses fonctions le 1er juillet. Ses réseaux dans le monde associatif l'ont aidé face à la préfète radicale davantage «médiatisée», selon lui.

«J'ai été plus concret et plus proche des gens. Dès janvier, on a parlé de la crise et de plan de relance», poursuit Jean-Claude Ruchet. Fidèle à ses engagements, il saura être un homme de consensus. «Je m'engage à faire des ponts entre la gauche et la droite tout en ayant mes convictions», affirme-t-il.

Servir sa région

De son côté, Pierrette Roulet-Grin reconnaît que la gauche s'est «fortement mobilisée», contrairement aux électeurs de droite. L'arrivée de la crise économique a peut-être poussé les gens à voter à gauche, plus porteuse «de valeurs de solidarité», avance-t- elle en guise d'explication.

Pierrette Roulet-Grin «regrette» pour le parti radical vaudois qui perd la deuxième ville du canton. «Je reste préfète et vais continuer à servir ma région», ajoute celle qui a été journaliste pendant 12 ans, qui est aussi capitaine à l'armée et qui voulait «faire rayonner Yverdon».

Au tour de la syndicature

Actif depuis une quinzaine d'années en politique, Jean-Claude Ruchet a présidé le Conseil communal en 2001 où il siège depuis 1994. Il est engagé dans d'autres tâches, comme la direction de la section nord vaudois de l'ASLOCA.

Le nouvel élu ne briguera pas la syndicature. Le Parti socialiste yverdonnois avait clarifié la situation en annonçant que si la gauche l'emportait, le municipal de l'éducation et de la jeunesse Daniel von Siebenthal se présenterait pour la charge suprême. Un premier tour est agendé le 17 mai, avec au besoin, un second tour le 7 juin.

Déception radicale

Pour le parti radical vaudois, «c'est la déception», admet sa présidente Christelle Luisier. Elle relève les risques à présenter une préfète, qui est désignée par le Conseil d'Etat et qui a des compétences pénales, autrement dit qui peut se faire des ennemis au cours des années.

Que cet échec reflète une tendance générale ou pas, le parti radical vaudois a deux ans pour travailler dur et remonter la pente, remarque Christelle Luisier qui parle de reprendre la majorité en 2011 à Yverdon-les-Bains. Le PRDV ne dirige plus que deux villes de plus de 10 000 habitants, Prilly et Ecublens.

En cours de législature

Yverdon est la troisième grande ville du canton de Vaud à changer de syndic en cours de législature. Au printemps 2008, Nuria Gorrite (PSV) a succédé à son camarade de parti Eric Voruz à Morges. Fin novembre, Daniel Rossellat, le patron du Paléo Festival, a été élu syndic de Nyon avec le soutien des Verts.

Avec quelque 26 000 habitants, Yverdon-les-Bains n'avait pas connu de complémentaire pour l'exécutif depuis un quart de siècle.

(ats)

Ton opinion