Saut à skis: nouvelles révélations dans le scandale du pénis

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Saut à skis«Il est très important de fixer ton pénis avec du ruban adhésif»

Un pénis de grande taille apporterait des avantages aérodynamiques. Un ancien spécialiste du combiné nordique a alimenté ce scandale avec des révélations.

Un improbable scandale frappe depuis peu le milieu du saut à skis. Selon de nombreuses et bruyantes rumeurs, certains athlètes se seraient fait «gonfler» le pénis à l'acide hyaluronique ou auraient utilisé de la mousse autour des testicules afin d'obtenir des avantages aérodynamiques.

Mika Vermeulen, qui a fait carrière en combiné nordique puis en ski de fond, s'est exprimé sur le sujet dans le podcast norvégien «Skirious Problems». En tant qu'ancien spécialiste, l'Autrichien en connaît un rayon en saut à skis et affirme que, déjà à son époque (2013-2018), on l'a activement incité à enfreindre le règlement.

Triche en saut à skis

«Les gens trichaient constamment, a-t-il révélé. Ils fourraient des tonnes de pâte à modeler dans leurs sous-vêtements pour obtenir un entrejambe plus grand». Cette méthode permettrait aux sauteurs à skis d'augmenter la surface de leur combinaison, ce qui leur donnerait un avantage dans les airs.

Ces tricheries ont fait sensation lors de la Tournée des quatre tremplins.
Ces tricheries ont fait sensation lors de la Tournée des quatre tremplins.IMAGO/Ulrich Wagner

L'Autrichien raconte comment d'autres sauteurs à skis ont voulu l'inciter à tricher. «La première fois que j'ai dû me soumettre à des mesures, les sauteurs plus âgés et plus expérimentés sont venus me voir et m'ont dit: "Il est très important que tu fixes ton pénis avec du ruban adhésif. La mesure de ton entrejambe sera ainsi inférieure d'un ou deux centimètres."»

La FIS sévit sévèrement

Dans ce même podcast, l'athlète de 26 ans a toutefois expliqué qu'aucun des athlètes qui l'avaient incité à tricher n'était encore actif en Coupe du monde aujourd'hui. Depuis le scandale des combinaisons aux Championnats du monde de Trondheim en mars 2025, la FIS se montre nettement plus sévère. Son contrôleur en chef du matériel, Mathias Hafele, applique – depuis – le règlement de manière rigoureuse et sévit strictement.

Depuis le début de cette saison, Mathias Hafele veille particulièrement au respect des règles.
Depuis le début de cette saison, Mathias Hafele veille particulièrement au respect des règles.IMAGO/Ulrich Wagner

Pour Mika Vermeulen, ce serrage de vis est cependant loin d'être suffisant. «Je peux l'affirmer avec une certitude absolue: tous ceux qui sont disqualifiés en saut à skis et en combiné nordique trichent intentionnellement. Et ils se justifient simplement en disant: "Oui, mais tous les autres le font aussi."»

Contrôles laxistes?

En ce sens, l'Autrichien a critiqué les contrôles parfois insuffisants, ainsi que l'absence de sanctions, ou leur trop grande clémence lorsque les limites autorisées sont dépassées.

Mika Vermeulen a été par le passé spécialiste du combiné nordique.
Mika Vermeulen a été par le passé spécialiste du combiné nordique.imago/GEPA pictures

«Je ne dis pas que tout le monde triche, a-t-il commenté sur la chaîne de télévision norvégienne NRK. Je dis simplement que l'on crée une mauvaise culture si la triche n'est pas sévèrement punie. Et c'est une culture dangereuse. On crée une culture où il est acceptable de chercher des failles. Si l'on se fait prendre, on devrait être suspendu pour une longue période. Il ne devrait pas y avoir de cartons. Car on a triché.»

Vivement critiqué

Actuellement, les athlètes sont suspendus pour deux compétitions – à l'exception des Jeux olympiques – dès la deuxième infraction. «En ski de fond, on respecte à 100% les directives, que ce soit pour les listes de dopage de l'AMA ou pour tout le reste, a-t-il comparé. Mais en saut à skis, on préfère prendre consciemment un risque ou évoluer à la limite de la légalité, en étant conscient que ça finira bien par mal tourner, mais que c'est tout à fait acceptable.»

Les déclarations de Mika Vermeulen lui ont toutefois déjà valu quelques critiques. «Je ne suis pas sûr qu'il soit conscient des conséquences de ses propos. C'est comme s'il mettait le feu aux poudres», s'est emporté l'ancien spécialiste du combiné Magnus Moan auprès de NRK.

(cge)

Florian Gnägi (flo), né en 1994, travaille depuis 2021 pour 20 Minuten au sein de la rubrique Sport et se consacre principalement au football et au tennis.

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