NeuchâtelAccusé de viol, il est acquitté et reçoit 2’800 fr
Un requérant d’asile camerounais poursuivi pour viol sur une femme ayant un léger retard mental est libre grâce «au bénéfice du doute. Il sera dédommagé pour avoir subi une détention avant jugement.

Les explications de la plaignante n’ont pas convaincu la justice neuchâteloise. L’homme accusé de viol a été acquitté.
AFPComme dans la quasi totalité des affaires de viol, c’était la parole de l’un contre celle de l’autre et il n’y a pas de témoin. Un requérant d’asile camerounais poursuivi pour viol et acte sexuel avec une personne incapable de discernement a été acquitté lundi par le Tribunal du Littoral, à Neuchâtel. Selon arcinfo, la Cour n’a décelé aucun signe de contrainte sur la jeune plaignante souffrant d’un léger retard mental. Les faits litigieux ont eu lieu en octobre 2019. La jeune femme dit avoir contacté le requérant d’asile pour qu’il lui fournisse du cannabis. Mais celui-ci a pensé qu’elle voulait autre chose. Après avoir vainement cherché une chambre d’hôtel au prix abordable, ils ont finalement atterri chez un pote. Avant l’acte sexuel, le prévenu a demandé à sa partenaire d’un jour si elle avait des préservatifs. Réponse: «ça, je m’en fous». Pour la présidente du Tribunal, cette phrase peut être légitimement interprétée comme un oui à un rapport sexuel non protégé.
Le rapport médical réalisé juste après les faits n’a pas montré de trace de violence et les habits de la plaignante n’ont pas été déchirés. Quant au degré du retard mental de la jeune femme, même les experts ont des avis divergents. Le doute a donc profité à l’accusé. Acquitté, il touchera un dédommagement de 2800 fr pour avoir passé deux semaines en détention préventive.