Genève - Arbitre agressé: «Des coups il y en a eu. Et pas qu’un seul»

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GenèveArbitre agressé: «Des coups il y en a eu. Et pas qu’un seul»

Trois joueurs de football risquent jusqu’à 1 an et demi de prison pour avoir frappé, menacé et insulté un arbitre.

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Deux frères et un ami, anciens joueurs de football de 5e ligue genevoise, se sont retrouvés lundi devant le Tribunal de police. Au programme, pas de passe décisive ou de dribble incroyable, mais des coups, des menaces et des insultes. Ceux dont ils sont accusés à l’encontre d’un arbitre lors d’un match de septembre 2018 au centre sportif des Evaux (GE).

Agression en deux phases
Le 9 septembre 2018, lors d’un match amateur, un carton rouge à un joueur a valu à l’arbitre, selon l’acte d’accusation, «plusieurs coups de poing au niveau du visage» et des «coups de pied, alors même qu’il tentait de fuir». D’après le Parquet, le joueur expulsé a frappé en premier, rejoint ensuite par son frère puis un ami. Sous les coups, l’arbitre dit avoir brièvement perdu connaissance. Le trio répond aussi de menaces et insultes. Verdict jeudi.

Devant les juges, les prévenus ont nié avoir porté une multitude de coups de poing et de pied, comme retenu par l’accusation. Seul l’un d’eux a admis avoir shooté dans le dos du directeur de jeu après avoir reçu un carton rouge. Ses coaccusés ont tous deux réfuté avoir frappé, tout au plus ont-ils admis des insultes. Selon leurs dires, après le premier coup, la confusion régnait. «Tout le monde est arrivé sur le terrain. Je n’ai rien vu.» À les entendre, ils se sont contentés de «retenir mon frère» ou d’aller «voir, comme tout le monde». La victime, elle, a raconté l’angoisse «physique et psychique» lorsque les coups se sont abattus. «Ce qui m’a fait peur, c’est que, même à terre, ils ont continué à me frapper», a témoigné l’arbitre, éloigné des terrains durant près de six semaines après l’agression.

Le doute au profit des accusés

Pour la procureure, la version des prévenus ne tient pas face aux nombreux témoignages: «Des coups, il y en a eu. Et pas qu’un seul.» La représentante du Ministère public a demandé entre 15 et 18 mois de prison avec sursis, ainsi que 30 jours-amende pour les deux frères. Elle a également requis l’expulsion de la Suisse pour cinq ans à l’encontre des trois prévenus. Les avocats de la défense ont, eux, plaidé l’acquittement ou des jours-amende, relevant les incohérences des divers témoignages, ne permettant pas de conclure à un clair déroulé des faits. Pour eux, le doute doit profiter aux accusés.

Grève des siffletsLa violente agression des Evaux a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour les arbitres genevois. Ils s’étaient mis en grève le week-end suivant, paralysant ainsi le championnat genevois à tous les niveaux. Leur but était de dénoncer les violences, tant verbales que physiques, dont ils s’estiment régulièrement victimes. Quelques mois auparavant, une bagarre générale avait éclaté lors d’un match de 4e ligue. Plusieurs footballeurs avaient été grièvement blessés.

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