Feu vert du Parlement pour un nouvel accord avec le FMI

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ArgentineFeu vert du Parlement pour un nouvel accord avec le FMI

Le président Javier Milei juge ce nouveau prêt du FMI, au montant encore inconnu, indispensable pour l’avenir de l’Argentine.

Au moment où les députés votaient le «décret FMI», plusieurs milliers de personnes manifestaient à l’extérieur du Parlement, en soutien aux retraités.

Au moment où les députés votaient le «décret FMI», plusieurs milliers de personnes manifestaient à l’extérieur du Parlement, en soutien aux retraités.

AFP

Le Parlement argentin a voté, mercredi, le feu vert au gouvernement de l’ultralibéral Javier Milei, pour finaliser avec le Fonds monétaire international (FMI) un nouveau prêt crucial pour éviter la banqueroute du pays, avec en arrière-plan une manifestation suivie, mais sans les violences d’il y a sept jours, contre l’austérité.

La Chambre des députés a approuvé par une majorité relativement confortable (129 pour, 108 contre) le décret autorisant le gouvernement à finaliser ce prêt sur dix ans, au montant encore inconnu. Il devrait apporter un ballon d’oxygène pour l’Argentine, troisième économie d’Amérique latine, toujours en train de rembourser une dette de 44 milliards de dollars (38,5 milliards de francs) au Fonds, legs d’un prêt de 2018.

Au moment où les députés votaient le «décret FMI», étape-clef qu’attendait l’exécutif, plusieurs milliers de personnes manifestaient à l’extérieur du Parlement, en soutien aux retraités au pouvoir d’achat rogné depuis des années – d’abord par l’inflation, et depuis un an par l’austérité budgétaire.

Dispositif de sécurité

La manifestation, a constaté l’AFP, était beaucoup plus suivie, mais aussi plus ordonnée que le mercredi précédent, sans incident initial. La semaine dernière, des heurts, les plus violents en quinze mois de présidence Milei, avaient fait 45 blessés – 20 policiers et 25 civils – et donné lieu à plus de 120 interpellations.

Ce mercredi, un spectaculaire dispositif de sécurité avait été mis en place dès le matin, avec plusieurs axes menant au Parlement coupés à la circulation, de larges barrières anti-émeutes installées près de l’édifice, et des contrôles de voitures et bus à des points d’entrée à la capitale.

Vers 19 h 00 locales (23 h 00 heure suisse), après deux heures de rassemblement, policiers et manifestants maintenaient plusieurs face-à-face tendus, de part et d’autre de barrières anti-émeutes, mais sans heurts directs.

Face-à-face tendus

Plusieurs syndicats, organisations sociales, mouvements de gauche radicale avec pignon sur rue étaient en première ligne. Mais les supporters de football, mobilisés plus ou moins spontanément, il y a sept jours, dans une manifestation très désorganisée, étaient cette fois peu visibles.

Les retraités, eux, étaient bien là, comme quelques dizaines, voire centaines chaque mercredi, rarement aussi suivis que ces dernières semaines, et dépassés le 12 mars, par les affrontements. FMI et Argentine ont ouvert en novembre des discussions en vue d’un nouveau programme d’aide, le précédent conclu en mars 2022 par le gouvernement d’alors (centre-gauche) d’Alberto Fernandez s’achevant fin 2024.

Ce programme, dit de «facilités élargies de paiement», comme celui à venir, vise à refinancer la dette de l’Argentine, pour l’aider à rembourser un prêt record octroyé en 2018 par le FMI au gouvernement (libéral) de Mauricio Macri (2015-2019). Plusieurs fois, le gouvernement a évoqué l’objectif d’un accord finalisé «dans le premier quadrimestre de l’année», soit désormais d’ici un mois et demi.

Prêt pour «exterminer» l’inflation?

Mais l’étape du Parlement était cruciale pour l’exécutif, puisqu’il a techniquement besoin de son feu vert pour engager le pays dans un nouvel endettement. Cruciale, et délicate, étant donné que le petit parti libertarien de Javier Milei y est très minoritaire, et contraint à des alliances de circonstances.

Un nouvel accord avec le FMI, avec injection d’argent frais, est considéré comme vital par le gouvernement pour reconstituer les réserves de change, pour la stabilité monétaire, et pour «exterminer l’inflation», selon les mots de Milei.

En quinze mois de présidence, l’économiste «anarcho-capitaliste», comme Javier Milei se décrit, a rééquilibré les comptes publics au prix d’une drastique politique d’austérité budgétaire, et d’un fort coût social. Mais il a engrangé des résultats contre l’inflation galopante des dernières années, ramenée de 211% en interannuel à fin 2023 à 66% actuellement. Elle est restée chaque mois en dessous de 3%, depuis octobre, une modération sans précédent depuis plus de quatre ans.

(afp)

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