ArgovieMariage forcé: son époux et bourreau finit derrière les barreaux
Mariée de force alors qu'elle avait 17 ans, une jeune Syrienne immigrée en Suisse avait dénoncé son conjoint qui la maltraitait. L'homme a été condamné.

La victime était régulièrement battue et violée (image d'illustration).
Freepik/KamranAydinovÀ peine débarquée en Suisse, à 17 ans, Isra* n'a pas eu le choix. Sous la pression de ses parents, la jeune Syrienne a dû mentir sur son âge pour être mariée de force à Faris*, un compatriote de neuf ans son aîné. Une union, actée en 2018, qui s'est avérée être un calvaire pour la jeune femme. Finalement dénoncé en 2021, le bourreau a récemment été condamné par le tribunal de district de Lenzburg (AG).
Lors du procès couvert par l'«Aargauer Zeitung», il y a quelques jours, Isra a tout d'abord souhaité retirer ses accusations: «Si je dis tout, il sera puni. Je ne veux pas que ma fille ne voie plus son père». Mais elle a fini par confesser: dès leur mariage, Faris a privé Isra de son téléphone portable et de son passeport, car elle souhaitait divorcer. À de multiples reprises, il l'a menacée de la priver de sa fille, l'a battue et violée. Fin septembre 2021, une dispute a finalement provoqué l'hospitalisation d'Isra, où la jeune femme a fini par évoquer sa situation à la police.
De la prison et une expulsion
«Toutes les allégations sont fausses, ma femme ment», a affirmé Faris, de son côté. Pas de quoi convaincre le juge, qui a retenu les chefs d'accusation de viols, agressions sexuelles et coups et blessures. «Ici, la crédibilité des déclarations est cruciale», a justifié ce dernier. Or, Faris «admet seulement les choses lorsqu'il est confronté aux preuves». À l'inverse, Isra a toujours avancé un discours cohérent.
L'homme a écopé de quatre ans de prison et de dix ans d'expulsion du pays. Selon le quotidien argovien, la défense souhaite faire appel de cette décision.
* Prénoms d'emprunt